Éducation : Mory Sangaré situe le problème avec le SLECG à Labé

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En séjour de travail depuis quelques heures dans la région administrative de Labé, le ministre de l’Education nationale s’est entretenu ce jeudi 06 février 2020 avec les enseignants de cette préfecture. Réunis dans la salle de conférence de l’amphithéâtre de l’ENI – CFP (école normale des instituteurs et centre de formation professionnel), Mory Sangaré a profité de la forte mobilisation des enseignants pour expliquer le nœud du problème qui oppose le gouvernement Guinéen au SLECG (syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée) d’Aboubacar Soumah.

« Je suis venu donner des informations et si possible, laisser le soin à chacun d’analyser et de prendre le bon côté. Vous n’êtes pas sans savoir que depuis le 09 janvier nous sommes dans une grève suivie partiellement à Dalaba, à Mamou, à Labé, à Lélouma et à Télèmélé essentiellement. Vous aurez à me rejoindre en vous rappelant que lors du discours du nouvel an de son excellence le président Alpha Condé, chef de l’État il a avait instruit au gouvernement de se pencher sur les revendications des enseignants d’ici la fin du premier trimestre de 2020. Et avant ce discours-là, il y avait un protocole d’accord qui était en exécution et qui avait été exécuté sur tous ses points, sauf le point 2 qui était en cours, qui concernait le contrôle des effectifs du personnel enseignant dans les trois départements de l’éducation et la répartition des ressources mobilisés entre les enseignants des trois départements », entame le ministre.

C’est après le contrôle physique de l’ensemble des enseignants, que la discorde a éclaté ajoute Mory Sangaré : « un résultat est apparu; c’est-à-dire que la commission a constaté qu’il y avait 5 555 enseignants fictifs ; qu’il y en avait d’autres en abandon de poste. Qu’il y en avait d’autres qui étaient décédés, … Donc, le total avoisinait ou faisait 7 000. En prenant une moyenne de salaire de 2 millions GNF, en tout cas le total de salaire mobilisé a donné 14 milliards GNF. Alors le gouvernement a appelé le syndicat avec lequel il avait signé le protocole, de venir partager avec lui les résultats du contrôle. Ce syndicat a dit qu’il est déçu de ce résultat, qu’il avait des informations que, au lieu de 5 500, on aurait trouvé plus. De tiraillement en tiraillement, le syndicat s’est éloigné du gouvernement. Entre temps, le président de la république a instruit au gouvernement de se pencher sur la plate-forme revendicative des syndicats de l’éducation», soutient-il.

« C’est après ce discours que le syndicat SLECG de Soumah a lancé un mot d’ordre de grève général illimitée, sans donner aucune chance au gouvernement auquel j’appartiens de mesurer ou d’appliquer les instructions de son excellence le président de la république. Pour ces raisons, nous, nous avons jugé à l’époque que la grève est inopportune parce que notre partenaire aurait pu donner un préavis de grève en laissant un peu de temps pour mesurer le sérieux du gouvernement dans cette affaire. Ce qui n’a pas été le cas et le mot d’ordre de grève a été lancé le 09 janvier», déplore le ministre.

Pour lui également, la grève du SLECG est de nos jours en perte de vitesse sur toute l’étendue du territoire nationale. « Des collègues enseignants ont suivi cette grève ; petit à petit des enseignants se sont désolidarisés et ont rejoint le rang des travailleurs. Cependant, d’autres collègues ont continué à suivre le mot d’ordre de grève», regrette Mory Sangaré.