Education – Ouverture scolaire du 3 octobre : les troubles sociaux en vue

septembre 15, 2018 11:15
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Tous les ingrédients pour un mouvement social d’ampleur sont en vue. A la cherté de vie qui met les parents d’élèves dans des situations insolubles avec tous les frais de scolarités et autres, il y a ce blocage politique dans la mise en place des conseillers communaux et des chefs de quartier, il y a l’affaire de concession ou cession du port, dont le contrat n’est toujours pas mis à la connaissance de la population, il y a l’affaire des 21 millions d’euros de la BCRG qui se sont volatilisés, il y a la destitution de Kéléfa Sall de la Cour Constitutionnelle, il y a le noyautage du SLECG… qui dit mieux ? Aucun pays qui aspire à l’émergence économique ne connait une telle constellation de faits négatifs. Par-dessus le plancher, les communicants du RPG viennent de chanter la palinodie.

C’est dans cette atmosphère on ne peut plus explosive que l’école guinéenne, au rabais, va tenter d’ouvrir ses portes, le lendemain de la fête des 60 ans d’indépendance. On s’attend à ce que le gouvernement mette les menaces creuses de radier les enseignants qui ne seraient pas présents, le jour de l’ouverture, mais cabri mort a-t-il encore peur du couteau ? Il ne faut pas engager un autre bras de fer superflu.

L’ouverture scolaire dans ces pires conditions économiques 60 ans après le choix de la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage, quelle ironie et galéjade de l’histoire !

Malgré la coupe budgétaire dans tous les domaines, à en croire la loi de finances rectificative, pour un problème d’orgueil, Aboubacar Soumah, qui a la confiance, qui est tout l’espoir des vrais enseignants, ceux qui ne vivent que pour l’enseignement et l’éducation de la nation, la première force sociale, pour avoir été humilié au début de la crise au sein du SLECG, tient à faire ravaler à tous ses détracteurs l’avanie qu’il a subie lors de la tentative de son éviction. A sa place, on aurait fait de même, mais quand on aspire aux plus hautes destinées, il faut savoir mettre de l’eau dans son vin de palme.

Mais aveuglé par cet orgueil égratigné, Aboubacar Soumah risque d’en faire un peu trop de camper sur les 8 millions de francs guinéens pour chaque enseignant et le doublement des pensions de retraite. C’est bien beau, d’autant que les retraités sont dans des conditions encore plus précarisées par l’augmentation du prix des carburants, entre nous et entre parenthèses, les 40% d’augmentation sur les bulletins de paye ne sont pas vues sur les bulletins de pension.

A l’impossible, nul n’étant tenu, le gouvernement ne sachant aussi où donner de la tête, n’a autre alternative que de se préparer à la confrontation, en cherchant à mettre un autre syndicat, qui n’aura pas la légitimité pour être suivi et l’arrestation de Aboubacar Soumah et son équipe du SLECG actuel risque de mettre le feu aux poudres. Il faut ôter cette idée de l’esprit. Il faut dire carrément que si quelque chose de fâcheux arrivait à Aboubacar Soumah, dans l’état actuel des choses, même un accident de la circulation, ou que la foudre lui tombait dessus, rien à faire, le gouvernement Kassory sera tenu pour responsable par les populations, à tort ou à la raison.

 Comment éviter le choc des orgueils ?

Il faut mettre la main à la poche pour donner quelque chose aux enseignants et aux retraités, quitte à aller le chercher n’importe où, ne serait-ce que 60%, au lieu des 8 millions, tout en maintenant le pouvoir d’achat actuel, c’est quelque chose qui fouetterait la queue de l’orgueil du SLECG, le vrai, pas celui que l’on veut parachuter, et cela ne dit pas que l’orgueil du gouvernement est bafoué. Mais dire qu’entre l’ordre et la loi, l’on choisit l’ordre pour mater la loi, c’est une raison d’Etat qui n’a pas sa raison d’être en de telles circonstances. La raison d’Etat n’a pas raison sur celle de la nation, à moins de vouloir faire comme au Venezuela, où l’argent a vraiment peur du bruit.

Les 60% d’augmentation sont-ils acceptables par les uns et par les autres ? Y a-t-il une autre issue pour l’ouverture prochaine ?