Election au Zimbabwe : Mugabe a fait campagne pour ou contre Mnangagwa ?

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Le jeu de Mnangagwa, si on a vu juste, est super subtile. Il veut tester sa popularité et soigner son image auprès des électeurs. En ouvrant toutes les libertés démocratiques aux Zimbabwéens depuis sa prise du pouvoir, il pense avoir pu se faire pardonner les nombreux crimes commis par la ZANU-PF, dont il était le bras droit de Mugabe. (Crédit-photo: La Croix.com)

La propagande orchestrée par la ZANU-PF contre le MDC était que Morgan Tsangirai était un homme à la solde des anciens colons et soutenu par la Grande Bretagne. Dans la mentalité des Zimbabwéens nationalistes, les anciens colons étaient pires que la ZANU-PF. La nationalisation des terres en leur faveur reste encore positive. Dans la mentalité des jeunes, Mugabe est le pire des dictateurs, par contre, Mnangagwa est un progressiste démocrate favorable à toutes les ouvertures.

Tsangirai n’y est plus, il est remplacé au MDC par Nelson Chamisa, un candidat de taille, qui attire des foules. Pour les Zimbabwéens partagés, difficile de se déterminer, le scrutin est serré. Mnangagwa a tendu un piège et a laissé Mugabe radoter à la presse pour soutenir Nelson Chamisa. A moins qu’une explication existe pour justifier cette sortie de Mugabe devant les médias, puisque Mnangagwa pouvait interdire cette conférence de presse, s’il ne l’a pas fait, c’est pour pousser Mugabe à la faute, lui qui criait sur tous les toits que le MDC était un instrument du colonialisme, s’il se dédit, ceux qui lui restaient encore nostalgiques en tireront les conséquences. L’engouement est débordant, mais pour le reste de l’élection, tous les plans sont déjà en place pour la gagner comme partout, en Afrique. Personne ne peut envisager que Mnangagwa serait assez stupide d’organiser et perdre cette élection.

 Le seul os qui empêtrait Managagwa était Mugabe, maintenant qu’il a bégayé devant micros et caméras, il n’y a plus de scrupule. « Seigneur préserve-moi des miens, mes ennemis, je m’en occupe ».Mnangagwa n’est pas loin de César.

La question qui reste est de savoir comment sera la contestation car, plus le taux de participation élevé, plus il y aura des litiges…