Election en Russie : les sanctions occidentales font les affaires de Poutine

mars 21, 2018 3:23
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Vladimir Poutine sait d’avance que sa réélection sera sujette à des critiques de l’Occident, mais plus l’on lui en fera voir, plus il est critiqué, plus les ressentiments des nationalistes russes pour leur président seront grands. Et lui, Poutine, fait tout pour exacerber le nationalisme de ses concitoyens et profitera pour régler des comptes.

 L’empoisonnement de l’agent russe et de sa fille sur le sol de la Grande-Bretagne par un produit innervant de fabrication soviétique, dit-on, peut-être interprété de diverses façons et a une double signification. D’abord, même sans preuve formelle et tangible, la question de savoir à qui profite le crime suffit largement à montrer Moscou du doigt puisqu’aucune capitale occidentale n’aura cet intérêt, à moins que des opposants à Poutine le fassent pour lui faire porter la responsabilité, il ne faut exclure aucune hypothèse. Que cela se passe sur le sol Anglais montre à quel point les services de  renseignement de sa Majesté ont été coiffés. Ce camouflet est indigeste pour la fierté et l’orgueil. Pour les Russes, se débarrasser d’un mouchard était dans les intentions depuis l’empoisonnement d’Alexandre Litvinenko en 2006, Serguei Skripal était sur la liste, les services anglais le savaient mais ont été nettement doublés. En désespoir de cause, cela les a conduit à demander des comptes à la Russie avec des menaces de sanctions pour faire se masser les citoyens russes autour de Vladimir Poutine pour sa prochaines réélection.

 Pour œuvrer dans ce sens, les autorités militaires ont testé avec succès un missile aux capacités inédites, puisqu’on dit qu’il a une portée illimitée, indétectable et non interceptable, et dans le temps, Poutine faisait une visite en Crimée, une partie toujours revendiquée par l’Ukraine et dont l’annexion a entraîné les sanctions de l’Europe, un autre facteur favorable à l’élection de ce 18 mars qui sera probablement un plébiscite pour le sortant, au grand dam des opposants, si ce sont eux qui ont tiré les ficelles de l’empoisonnement de Skripal.

Si l’on rajoute à tous ces facteurs les grands embrouillaminis de Donald Trump et des autres dans la guerre en Syrie, on peut dire sans trop risquer de se tromper que la Guerre froide a repris du service. Les Chinois se sont aussi radicalisés en envoyant au diable la limitation des mandats présidentiels, une idée occidentale. Même si Poutine dit qu’il arrête en 2024, un seul évènement frustrant de la part des Occidentaux fera reconsidérer cette position, à moins qu’on se trompe. Un cercle vicieux.