Elections en Guinée: Les organisations de défense des droits humains s’inquiètent de la mise en alerte de l’armée

0
518
Photo d'archive

Pour la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et ses organisations partenaires en Guinée, l’armée ne doit pas interférer dans le processus électoral en cours dans le pays. Dans une déclaration dont une copie est parvenue ce jeudi à Guineenews, les organisations de défense des droits humains estiment que « la mise en alerte et le déploiement des unités de l’armée de terre dans tout le pays ne peuvent qu’alimenter le cycle des violences et de répression ».

Leur déclaration intervient après que le chef d’état-major de l’armée de terre, Pépé Roger Sagno, ait appelé le 24 février « toutes les unités de l’armée de terre [à se mettre] en alerte à partir du 25 février 2020 sur toute l’étendue du territoire national… et demandé à des unités militaires d’organiser des patrouilles diurnes et nocturnes ».

Pour le FIDH, l’OGDH (Organisation Guinéenne des Droits de l’Homme) et MDT (Mêmes Droits pour Tous), les militaires doivent rester dans les casernes et ne pas interférer dans la vie politique et la séquence électorale en cours. « Étant donné l’impunité quasi totale accordée aux membres des forces armées guinéennes depuis des décennies, la mise en alerte et le déploiement des unités de l’armée de terre dans tout le pays ne peuvent qu’alimenter le cycle des violences et de répression… », a dit Drissa Traoré, vice-président de la FIDH, dans le communiqué dont copie est parvenue à notre rédaction.

Le double scrutin controversé des élections législatives et du référendum devrait se tenir ce dimanche 1er mars 2020 sur toute l’étendue du territoire national. Sauf que du matériel électoral a été détruit et des agents électoraux chassés dans quelques fiefs de l’opposition, notamment de l’UFDG (Union des Forces Démocratiques de Guinée). A Conakry, la tenue du scrutin dans certains fiefs de l’opposition comme Wannidara reste improbable.