Elections législatives: L’opposition réitère ses menaces et justifie sa décision

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Les leaders de l’opposition guinéenne se sont retrouvés en plénière ce vendredi 17 janvier au quartier général de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) à Hamdallaye-CBG pour échanger sur nombreux points notamment les manifestations, le fichier électoral, etc.

Au sortir de cette rencontre, Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition guinéenne a fait savoir que les opposants au projet de la nouvelle Constitution se sont félicités des dernières manifestations et ont invité les citoyens à se mobiliser davantage.

« L’opposition politique se réjouit du succès de nos manifestations à Conakry et à l’intérieur du pays et félicite les partisans du FNDC et tous les patriotes qui ont apporté leur contribution au succès de ces manifestations. Nous les invitons à se mobiliser encore plus la semaine prochaine », a indiqué Cellou Dalein Diallo.

Se prononçant sur les élections en vue, le chef de file de l’opposition accuse le président Alpha Condé d’être le champion du désordre : « Le deuxième point, c’est l’affichage des listes électorales et la continuation de cette mascarade électorale. Sur ces points, nous avons noté que M. Alpha Condé qui est champion du désordre continue d’aggraver ce désordre, parce que pratiquement il n’est pas possible de tenir ces élections dans le délai annoncé par la CENI. Mais en plus, vous vous retrouvez dans une situation où les campagnes sont ouvertes alors que les listes ne sont mêmes pas complètement encore affichées. »

S’agissant du refus des partis politiques de participer aux législatives prévues au 16 février 2020, le président de l’UFDG justifie cette décision par le fait que le fichier électoral ne reflète pas le corps électoral : «Vous savez les raisons politiques pour lesquelles l’opposition a décidé de ne pas prendre part à cette mascarade. Le fichier électoral est très loin de refléter l’état réel du corps électoral. Nous avons 8 millions 300 mille électeurs en Guinée pour une population estimée par l’Institut national de la Statistique à 12 millions, soit un ratio de 68%. Il n’y a nulle part en Afrique un pays où 68% de la population votent. C’est parce que les statistiques des Nations unies indiquent qu’en Afrique de l’Ouest ceux qui ont moins de 18 ans représentent 60%. Cela prouve qu’il y a eu beaucoup d’anomalies et des doublons dans le fichier. M. Kébé a refusé d’appliquer les recommandations de la mission d’audit qui voulait que tous les électeurs se présentent pour se faire enrôler. Et tous ceux qui refuseraient, seraient radiés. La CENI annonce qu’il y avait 5 millions d’électeurs qui sont mobilisés, mais il y a 3 millions qui étaient dans le fichier. C’est ce qui fait les 8 millions. C’est contraire aux recommandations de la mission d’audit déjà validée par le comité de suivi et par les autorités. »

L’opposition, qui accuse Me Salif Kébé de manque de neutralité, réitère sa position demandant le départ du président de la CENI : « Nous voulons un président de la CENI qui rassure par sa neutralité, son impartialité et sa compétence. Malheureusement ce qui n’est pas le cas avec M. Kébé qui obéit aveuglément à toutes les instructions de M. Alpha Condé. »

Revenant sur les actions du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), Cellou Dalein soutient que la résistance contre le projet de nouvelle Constitution se poursuivra jusqu’à ce qu’Alpha Condé renonce : « Il faut que  M. Alpha Condé renonce à son projet de changement de constitution et de troisième mandat. Nous ne tolérons pas une mascarade électorale. L’opposition politique maintient sa position et va continuer la résistance et s’opposer à la mascarade électorale. Le programme est déjà annoncé par le FNDC qui invite à une mobilisation le mardi 21 et mercredi 22 pour exprimer notre opposition à ce projet de troisième mandat. »

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