Émeutes de Labé : Madifing Diané et la logique du bouc émissaire

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Madifing Diané, Gouverneur de la région de Labé face à presse locale

Pour justifier la terrible répression qui s’abat sur les pauvres populations de Labé, depuis maintenant plusieurs jours, le gouverneur Madifing Diané fait la politique du bouc émissaire, qui consiste à diaboliser les manifestants, en les faisant passer pour des ‘’rebelles, Djihadistes’’, bons pour l’échafaud.

On l’a ainsi entendu chantonner dans certains médias que ‘’ceux qui manifestent ne sont pas de Labé. Et que s’il le pouvait, il aurait  réquisitionné même  des anges,’’ pour sévir contre ces manifestants. C’est quand même là le comble de l’irrespect  de ses obligations, pour un administrateur territorial.

Mais l’occasion faisant le larron, le gouverneur de Labé peut déployer sa cavalerie, contre des gens aux mains nues, comme il l’entend.

Cette désinvolture du gouverneur est encouragée sans doute par l’exécutif, qui semble lui donner carte blanche de sévir contre Labé, qui après tout est un fief de l’opposition. Et un opposant en Guinée c’est ‘’l’ennemi à abattre’’. Il s’agit là d’une culture héritée de la première République.

Et sous Lansana Conté aussi, ceux qui n’embouchaient pas la même trompette que le général, étaient victimes d’ostracisme.

Alpha Condé et ses partisans avaient fait les frais de cette  pratique politique, qu’ils sont accusés de vouloir reproduire aujourd’hui.

C’est ainsi que le chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo a qualifié ce samedi, les forces de défense et de sécurité déployées à Labé, « d’armée d’occupation ». Tant les exactions commises dans la cité de Karamoko Alpha sont hallucinantes.

Même l’hôpital régional n’est pas épargné par les FDS, qui se comporteraient comme en terrain conquis, selon des témoignages recueillis sur place.

Ce qui a poussé les habitants de la ville a demandé le départ du gouverneur et du préfet. Ces deux personnalités devenues non grata à Labé, tentent un baroud d’honneur.

Mais les dégâts sont si importants  que  ces manœuvres visant à se raccrocher aux branches risquent de tourner en eau de boudin. Ça doit être le prix à payer quand  on  franchi le rubicond.