En attendant le remaniement, l’administration bloquée et les ministères au point mort

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Depuis que le président Alpha Condé a eu la maladresse d’annoncer un remaniement ministériel en profondeur, le 8 mars 2018 lors de la fête des femmes, le pays a cessé de travailler.

Aujourd’hui, toutes les oreilles sont suspendues à l’annonce d’un nouveau gouvernement. Conséquence, l’administration publique tourne au ralenti et les ministères sont quasi paralysés. Il y a moins de conférence de presse, moins d’activité sectorielle. Tout le monde ronge les ongles et attend stoïquement son sort, comme le coq prêt à être égorgé avec ses pattes tirées.

Preuve que le pays ne travaille pas, le président aurait coupé les vivres à ses ministres. Aucun ministère ne dispose de sa subvention. Et il leur serait interdit de prendre des arrêtés.

Malheureusement, à cette allure, ce n’est pas demain qu’ils seront au travail. La raison ? En cas de remaniement, les nouveaux devront passer le témoin, aller s’acheter des habits à Madina, changer les meubles de leur bureau et embellir leur siège avant de s’imprégner des dossiers.

Avant le remaniement, nos cadres de l’administration ont passé assez de temps à battre campagne. Tous les ministres et autres directeurs étaient à l’intérieur pour, dit-on, sensibiliser les populations sur le programme national pour le développement économique et social. Une mission de sensibilisation qui avait l’air de campagne pure et simple.

Après les élections locales du dimanche 4 février, le syndicat de l’éducation a paralysé les écoles, à travers des grèves. Parallèlement, l’opposition multipliait les manifestations de rue, les journées villes mortes pour réclamer la publication des vrais résultats du scrutin.

Conséquence, le gouvernement, au lieu de se mettre au travail, passait tout son temps ou presque, à négocier avec le syndicat de l’éducation par-ci et à supplier l’opposition par- là.

Question : quand est-ce les guinéens seront-ils au travail ?