En ce temps de coronavirus, le prix du transport est resté : « toujours en avant, jamais en arrière !»

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Circulation à Cosa,

C’est le mouvement pionnier de l’époque de la 1ère République qui nous inspire ce titre. Quand nos encadreurs nous criaient : pionniers de Guinée ! Nous répondions, au garde à vous et à l’unisson : « toujours en avant, jamais en arrière !»

Assurément, ce mot d’ordre ou commandement nous semble bien à propos pour titrer la réalité qui caractérise à ce jour le transport routier chez nous, en ces temps de coronavirus. C’est le moment de le dire, le vécu quotidien confirme ce que nous savons tous déjà et qui s’est imprimé comme règle bien connue chez nous: dès lors que les prix montent, et cela est valable dans tous les secteurs d’activité, ils ne redescendent plus, sauf rare exception. C’est du ‘’toujours en avant, jamais en arrière !’’

Et cela se vérifie parfaitement sur le prix actuel des courses pratiqué en zone urbaine et inter urbaine. C’est comme si les transporteurs se tenaient à l’affût, attendant de déclencher le processus, tellement l’augmentation qu’ils ont asséné à la tête, plutôt… à la bourse des citoyens, leurs potentiels clients, a été prompte et sans appel.

L’occasion faisant le larron, il a suffi que l’état d’urgence sanitaire soit proclamé le jeudi 26 mars dernier, pour que la réplique suive aussitôt. Quelques hésitations et atermoiements ont bien été notés, les premières heures qui ont suivi, donnant à croire qu’un arrangement ou, à tout le moins, une réduction de l’impact de  ‘’l’assommoir’’ brandi  était envisageable, voire même possible. Mais hélas, il n’en a rien été.

Sans vouloir vous ennuyer à refaire l’histoire, nous dirons en simple rappel que la prise d’effet de ce décret a eu lieu à partir de 00 heure, dans la nuit du jeudi 26 au vendredi 27 mars. Si son effectivité a semblé prendre tout le monde de court, par contre il y a lieu d’admettre qu’il n’a pas tant surpris que cela. L’allure que prenait la pandémie sur le plan international classait cette prise de décision ‘’ vitale et encouragée’’, dans le domaine du prévisible. Son annonce a, malgré tout, donné lieu à des tâtonnements, des improvisations, des ‘’à peu près’’, tant chez les agents de la sécurité routière que chez les transporteurs et les citoyens.

Ce jour-dit, c’étaient des interrogations, des supputations, des conjectures à n’en plus finir, tellement les dispositions édictées dans le décret semblaient inattendues, voire  extraordinaires.

Trois passagers seulement à bord d’un taxi, qui en prend d’ordinaire jusqu’à six? Sept à dix personnes pour les minibus ‘’magbanas’’ qui s’offrent plus de vingt par tronçon ?  Un passager par moto, au moment où ses utilisateurs ont pris l’habitude de transporter jusqu’à trois, voire même quatre en certaines circonstances particulières (mariages, manifestations, jours de fête), etc.  Chacun  y est allé de son explication, de sa compréhension ou de son bon vouloir.

En toute bonne ou mauvaise foi, c’est selon, des transporteurs ont prétendu que le chiffre trois annoncé, comme nombre de passagers à bord des taxis, signifie trois à l’arrière et un à l’avant et que d’ailleurs, comme ça l’a toujours été pour bien d’autres mesures prises auparavant, cette dernière ne fera pas long feu.

A leur entendement, c’est un ‘’feu de paille’’ qui va s’estomper dans les jours à venir, trois, dit-on d’habitude. Surtout que, ajoutent-ils, l’état n’a pas les moyens de combler le vide en termes de moyens de transport. En plus et mieux que tout, le prix de l’essence n’est pas revu à la baisse.

Ce vendredi donc, comme dans un moratoire non écrit, l’ensemble des acteurs concernés (services de sécurité, conducteurs d’engins et citoyens) ont semblé convenir, de manière tacite et informelle, de se donner le temps jusqu’au lundi suivant, 30 mars, le temps du week-end, pour mieux comprendre la nouvelle situation et s’y adapter au mieux.

Ce lundi attendu est arrivé et la situation est restée la même. Avec des refoulements qui avaient peine à être contenus par les uns et les autres. Et les réactions et commentaires ont fusé de partout. Devant ce manque d’harmonie espérée et face au tollé général et aux risques grandissants que la pandémie galopante faisait et fait encore courir au pays tout entier, les autorités ont annoncé des mesures d’accompagnement. Malheureusement, leur effet n’a pas eu le retentissement espéré. Elles ont été dans l’ensemble, moyennement appréciées, pour ne pas dire, pas du tout. Tout le monde les connaissant, nous ne revenons pas là-dessus.

Ce qu’il faut noter, c’est que ces mesures d’accompagnement n’ont pas aplani les difficultés que rencontrent les citoyens dans leurs déplacements quotidiens. Loin de là. Et dans ce lot, la pire de toutes est le prix du transport actuellement pratiqué à travers le pays. Les transporteurs ont imposé sur tous les circuits, à l’urbain et à l’inter urbain, un nouveau tarif qui correspond dans bien de cas au double de celui anciennement en vigueur. Ce prix, quoique décidé dans l’informel a aujourd’hui, comme force de loi, puisque rien de formel n’est venu le contrer jusque là. Ainsi donc, les usagers vivent-ils des moments difficiles pour se déplacer. Et c’est le cas de le dire, cette situation explique peut être cette réduction drastique des déplacements chez bon nombre de nos concitoyens. Comme un confinement avant l’heure.

Et pendant ce temps, chaque acteur campe sur ses positions. Pendant que les autorités indiquent avoir fait le nécessaire pour atténuer les effets induits par la pandémie, les transporteurs trouvent que la dose servie est homéopathique. Ils demandent que le prix du carburant connaisse une baisse plus notoire. Pour eux, c’est la clé de voûte pour aplanir toutes les difficultés et incompréhensions actuelles. C’est la condition sine qua non pour que le prix du transport revienne à la normale. Pour rompre avec ce ‘’toujours en avant, jamais en arrière’’.

Pour le moment, on en est là.  Il s’agit d’une véritable équation qui, d’ici qu’elle ne soit résolue, fait baver les citoyens, obligés de se déplacer tous les jours pour satisfaire leurs besoins. Si les choses restent en l’état, il y a fort à craindre que les revenus de bon nombre d’entre eux s’amenuisent au point qu’ils ne soient plus à même de s’assurer un déplacement quelconque, surtout pour des destinations éloignées de leurs lieux de résidence. Avec toutes les conséquences qui vont avec !