En Guinée, les autorités alimentent le cycle de violence malgré le Covid-19 (Amnesty)

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Amnesty International, lors conférence de presse à Conakry mercredi 13 novembre 2019. Photo Thierno Souleymane Diallo/Guineenews

Alors que la Guinée fait face au coronavirus, « la répression systématique entamée depuis le mois de mars » continue dans le pays afin de faire taire les voix critiques, a déclaré Amnesty International dans un communiqué de presse publiée ce jeudi.

L’organisation souligne que l’intervention des forces de défense et de sécurité ayant entrainé la mort de plusieurs personnes lors de protestations avant-hier, témoigne une fois de plus du recours systématique à l’usage excessif de la force. « Des manifestations contre la multiplication de check-points pour restreindre la libre circulation afin de freiner la propagation du COVID-19 ont été violemment réprimées par des forces de sécurité dans la région de Kindia au nord-ouest du pays. Six personnes dont une femme enceinte ont été tuées mardi 12 mai suite à des protestations à Friguiadi, Manéah, Coyah et Dubréka. Le même jour, un jeune a aussi été tué par balle après des manifestations contre les coupures de courant dans la ville minière de Kamsar. Des bâtiments publics et domiciles privés ont été saccagés ou incendiés par des manifestants dans ces différentes localités…», note l’ONG de défense des droits de l’Homme dans sa déclaration.

Amnesty International dit avoir documenté de nouveaux cas d’arrestations arbitraires d’activistes. Entre autres, il cite le cas de Saïkou Yaya Diallo, responsable juridique du Front national pour la défense de la constitution (FNDC), qui est détenu à la Maison centrale de Conakry. Sur cette prison surpeuplée de Conakry, l’ONG rappelle que les autorités ont confirmé le 12 mai, le nombre de 58 personnes infectées sur 130 tests et trois décès liés au virus.

 L’ONG souligne également le cas d’une quarantaine de personnes arrêtées et transférées à Kankan sans notification préalable. « Le cycle ininterrompu des arrestations illégales éloigne chaque jour un peu plus les autorités du respect des droits humains », a déclaré Fabien Offner, chercheur au Bureau d’Amnesty International.

Nous avons tenté de recueillir la réaction du gouvernement. Mais, ni le ministre de la Sécurité, ni celui de la Citoyenneté, ne nous a répondu.