Enquêtes policières à Conakry : « Du déjà entendu », selon les parents d’une victime

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Mamadou Oury Diallo, oncle de Abdourahim Diallo, tué lundi 4 novembre 2019 lors des funérailles des victimes de la manif du 14 octobre à Conakry. Thierno Souleymane Diallo/Guineenews

A propos des violences qui ont émaillé les funérailles des 11 jeunes tués en octobre dernier, hier lundi à Bambeto, les autorités guinéennes ont annoncé des enquêtes. Mais visiblement, c’est sans compter que la parole des gouvernants ne vaut pas grand-chose aux yeux des familles des victimes des violences policières…

Parmi les victimes des violences enregistrées hier lundi à Bambeto et environs, il y a Abdourahim Diallo, mort à l’hôpital Ignace Deen, des suites de blessure. Il avait reçu une balle à l’abdomen selon le témoignage fait à Guineenews©, en langue locale pular, par son oncle et tuteur retrouvé à la maison mortuaire.

L’adolescent, tailleur de profession faisait partie des nombreux Guinéens allés prendre part aux funérailles des 11 jeunes tués environ trois (3) semaines plutôt, lors de la répression sanglante des manifestations « interdites » du FNDC dans la banlieue nord de Conakry.

Mais visiblement sa famille ne se fait aucune illusion quant au sort réservé à l’enquête annoncée par le porte-parole de la police nationale, Générale Mamadou Camara le soir du décès à la télévision  nationale.

En tout cas, notre interlocuteur le dit sans ambages. « Les autorités qui ont parlé d’enquête l’avaient fait lors des cas de mort enregistrés auparavant. Des familles avaient également demandé justice, mais rien n’a été fait », relève Mamadou Oury Diallo. Raison pour laquelle, M. Diallo dit « ne rien attendre des annonces d’enquête faites par les autorités. »

Pendant que les parents du jeune  homme tué écartent toutes idées de vengeance, et prient même que les bourreaux de leur fils ne subissent pas de tel sort, ils disent ne compter que sur la justice divine ; pas celle guineenne.

S’en remettant à Dieu, selon eux, ils n’attendent des autorités guinéennes que la mise à la disposition du corps en vue d’une l’inhumation dont le programme se fera au moment venu, en concertation avec le front national pour la défense de la constitution.