Environnement: la Guinée identifiée comme une plaque tournante du trafic d’espèces protégées

juillet 31, 2018 11:24
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 La disparition des espèces sauvage protégées devient plus en plus inquiétante, du fait de la chasse non règlementée et de la complicité de certaines autorités. Ce qui nécessite la promulgation et l’application du nouveau Code de la protection de la faune sauvage, récemment adopté par le parlement guinéen.

Pour cause, selon un rapport de la Commission Ressources naturelles, environnement et développement de l’assemblée nationale sur le code de protection de la faune sauvage et règlementation de la chasse, dont Guinéenews vient de se procurer copie, la Guinée est identifiée comme une plaque tournante du trafic international des espèces protégées.

Il est établi que la lutte engagée par la République de Guinée depuis 1997 contre la criminalité faunique partait de pair avec le code de protection de la faune sauvage et règlementation de la chasse adopté par la loi de 1997. Une loi qui, de l’avis des députés, souffre des limites et insuffisances énormes : les peines prévues par le code du 9 décembre 1997 ne sont pas dissuasives ; la faiblesse de ces peines a fait que le braconnage et le trafic illégal d’espèces protégées gagne du terrain dans le pays.

Le rapport rappelle que partout dans le monde dont en Guinée, le commerce illégal des espèces sauvages est devenu un crime organisé transnational. Ce commerce a évolué dans la clandestinité, il a progressé et s’est professionnalisé. Malheureusement, la loi est restée inchangée depuis 1997 et n’est plus adoptée à cette menace.

« De nombreux états en Afrique durcissent leur loi sur la faune et criminalisent le trafic de faune pour faire face à cette menace. L’abandon des parcs nationaux et réserves naturelles, les intrusions dont ils sont victimes du fait des activités agricoles, minières et pastorales ; le non-respect de la règlementation en matière de chasse et de gestion des aires protégées ; la Guinée est identifiée comme une plaque tournante du trafic international d’espèces protégées », révèle le rapport.

Il souligne que les techniques et modes opératoires utilisés par les trafiquants de faunes qui constituent de véritables réseaux criminels sont similaires à celle de la drogue. Ce commerce illicite est lié à la corruption, le blanchiment d’argent et aux trafics d’autres produits tels que les armes et la drogue. Le commerce illégal des espèces est organisé par des réseaux criminels souvent puissants. Il ne s’agit pas du simple braconnage localisé. Il génère des bénéfices illicites très importants. Il occupe le 4ème rang du commerce illicite dans le monde et il amasse des bénéfices illicites d’environ 19 milliards de dollars chaque année.

De plus, des recherches depuis une décennie ont démontré que le trafic illicite d’espèces est en connexion directe avec le terrorisme, des groupes terroristes tel que Al-Shaabab, les Jenjawids, la LRA, Boko Haram se financent souvent avec le trafic d’ivoire d’éléphants pour déstabiliser l’Afrique, souligne le rapport.

Contrairement à la Guinée, la plupart des pays africains ont révisé leurs lois et alourdi les peines d’emprisonnement en matière faunique en tenant compte de l’ampleur de cette criminalité que connait le monde d’aujourd’hui, souligne le rapport. Pour illustration, la loi au Congo prévoit 5 ans d’emprisonnement, la Centre Afrique prévoit 10 ans d’emprisonnement, le Kenya prévoit la peine à vie pour l’ivoire d’éléphants et actuellement la peine de mort est à l’étude dans ce pays, en Afrique du Sud, il y a quelques années, un trafiquant a écopé de 77 ans de prison ferme pour abattage de rhinocéros et trafic de la corne de rhinocéros.

Une situation qui n’a pas laissé indifférent le conseiller spécial du président de la république chargé des relations avec les institutions républicaines. Dans son discours à la clôture de la session des lois à l’Assemblée nationale, il s’est dit conscient de la menace, qui pèse sur la faune en Guinée due essentiellement à l’activité sans contrôle des braconniers qui alimentent le trafic international des animaux protégés. On espère désormais que cette loi qui vient remplacer celle du 9 Décembre 1997, une fois promulguée,  parvienne à corriger ces insuffisances dramatiques sur l’Environnement.