Environnement: le droit de propriété absolue existe-t-il pour les cours d’eau transfrontaliers?

mai 4, 2018 3:54
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L’exploitation de l’or sur le fleuve Sankarani est un crime contre l’humanité. La pollution de l’eau par les exploitants d’or sur le fleuve Sankarani pourrait être qualifiée ainsi. L’eau de ce fleuve ressemble à une eau morte à cause des déchets chimiques nocifs. Ainsi, les poissons, les algues et plantes aquatiques subissent la même pollution qui ne se contentera pas de stagner au niveau de la Haute-Guinée. Mais, l’eau du fleuve coulera et emportera sa pollution vers d’autres pays qui vivent de son apport au grand Niger.

 Les 9 pays concernés par l’arrosage de ce fleuve ne peuvent dire mot, ne sachant comment se plaindre ou comment s’y prendre. La Haute autorité du Bassin du Niger est une coquille vide. On a même oublié ce qu’elle a pris comme résolution lors de sa dernière rencontre à Conakry, la tête de sources.

Mais est-ce que cette tête de source n’est pas fêlée, puisque les autorités de ce pays voient sans rien dire la destruction à la source des affluents et confluents du Niger avec un laxisme qui fait tomber les bras de dépit.

Pour la restauration du bassin du Niger, il faut une ligne de crédit commune dégagée par les Etats membres pour soigner, entretenir et protéger les têtes de sources et le long des berges, mais que cela va coûter à la Haute autorité ! Il n’y a pas que sur le long de ces cours d’eau dans le pays des sources que la destruction est remarquée, mais sur tout le long du Niger, lui-même, de Conakry à Lagos en passant par les 7 autres pays. Tout le monde vit de ce fleuve, tout le monde participe à sa destruction et tout le monde s’empoisonne d’amont en aval, sans que personne ne crie au scandale. Le Nigéria qui est le réceptacle de toutes les pollutions serre les dents stoïquement, ne sachant à qui se plaindre, d’autant que lui-même fait ses rejets d’hydrocarbures dans la mer.

Sans loi définie et bien déterminée pour responsabiliser les Etats et les hommes, aucune politique de l’environnement n’est fiable. On voit bien que l’enthousiasme née de la COP21 s’est éteint petit à petit. Emmanuel Macron, une autre mouche du coche, s’est noyé dans ses projets de tirer le monde à lui, tout seul.  A ne pouvoir convaincre Donald Trump à revenir dans les accords sur le climat, à ne pouvoir le convaincre aussi de ne pas sortir des accords sur le nucléaire iranien, il a perdu de vue les accords de Paris sur le climat, l’urgence et la priorité sont maintenant sur le nucléaire, qui risque de s’emmancher autrement pour faire oublier l’autre qui engage la planète.

Que se passerait-il si, d’aventure, la Guinée, en tant que tête de sources, se mettait à déverser inconsidérément des produits toxiques pour polluer l’eau jusqu’en aval. Pourrait-on s’attendre à ce que les représailles remontent de l’aval vers l’amont ? Dans un scénario de fiction, ou même d’anticipation, on aimerait qu’un réalisateur nous mette en scène une guerre que les Nigérians submergés par la pollution feraient aux Nigériens, leurs voisins, cousins et pollueurs directs, et se rendent compte que l’origine de la pollution est plus en aval. Ils s’entendraient pour s’attaquer à ceux qui sont en amont, aux Maliens, qui se joindraient aussi à eux pour venir donner des fessées aux Guinéens, aux petits-fils des grands destructeurs de l’environnement et à ceux qui le cautionnent actuellement. Leurs petits-fils vont se mettre à chercher des parades et à pendre les petits-fils des pollueurs de ce fleuve Sankarani. Or, il se trouve que des Maliens faisaient partie des fautifs à l’origine…

La sanction contre les dragueurs doit être exemplaire, ils peuvent être la cause des conflits futurs. Il faut légiférer sur ce problème et sortir des lois draconiennes contre les incendies de forêt, contre les destructions des cours d’eau et les rejets des déchets industriels dans la nature. Il n’existe aucune législation ou aucune loi n’est vulgarisée et à la portée des populations rurales.

Un paysan qui voit une citerne déverser des produits toxiques n’a aucune base de connaissance pour faire cesser cet acte, sa voix seule ne compte pas pour les autorités politico-administratives. Il faut inverser cette tendance par des informations, par des sensibilisations, il faut aussi des structures et des services de répression bien en place, sans quoi, des conflits dans le futur sont à attendre.

 L’Egypte est en train de se plaindre à cor et à cri contre le barrage monstrueux que l’Ethiopie est en train de réaliser et qui la priverait de son naturel quota vital en eau. Une guerre risque d’éclater entre ces deux pays.

 Le droit international dit-il que si les têtes de sources se trouvent dans un pays donnerait à ce pays tous les droits de propriété et de préemption absolue pour confisquer l’eau à ses seules et uniques fins ? Que disent les juristes ?