Etats généraux décentralisation: le ministre Bouréma fixe les enjeux de l’évènement

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«Aujourd’hui, toutes les 342 collectivités locales (38 urbaines et 304 rurales)  disposent d’exécutifs locaux, installés et fonctionnels»

Peu avant le lancement des travaux des états généraux de la décentralisation et du développement local au Palais du peuple de Conakry ce jeudi 14 février par le président de la République Alpha Condé, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le général Bouréma Condé est largement revu sur les tenants et aboutissants de cet évènement qui  s’inscrira désormais, a-t-il indiqué, dans les annales de la Décentralisation de la Guinée.

D’après le ministre Condé, cette rencontre deux jours marquera un tournant décisif, une autre approche de la perception du développement intégré pour les populations à la base. «Pour la première fois, groupés en un bloc monolithique sous les yeux de leur plus haute hiérarchie, l’ensemble des Maires du pays, des Préfets, des Secrétaires généraux de commune, une forte représentation des Sous-préfets et des Gouverneurs du Pays. S’il est vrai qu’au cours de ses nombreux périples à travers les quatre  régions du pays, le président de la République les a rencontrés séparément, l’on ne pouvait rêver meilleure aubaine que ce rassemblement de la territoriale au grand complet devant le chef de l’Etat», a-t-il expliqué.

Selon le ministre Bouréma Condé, en acceptant d’organiser les états généraux de la décentralisation et du développement local, avec la participation de tous les acteurs concernés par la mise en œuvre du processus, Alpha Condé entend démontrer une fois encore, la détermination de son gouvernement à œuvrer pour la promotion de la démocratie participative et de la gouvernance locale. «Aujourd’hui, toutes les 342 collectivités locales (38 urbaines et 304 rurales)  disposent d’exécutifs locaux, installés et fonctionnels», a-t-il annoncé. 

Dans la même logique, le ministre Bouréma Condé a rappelé que depuis 1985,  la politique de décentralisation s’est enracinée en Guinée comme le modèle d’administration le plus apte et le plus efficace pour lutter contre la pauvreté. «Le constat factuel le prouve à suffisance, parce que cette politique permet aux populations de choisir  démocratiquement leurs élites dirigeantes  et à partir du potentiel local avoir la liberté d’opérer le choix du  modèle de développement, en définissant à souhait, leurs besoins prioritaires grâce au diagnostic participatif communautaire. Le citoyen est au cœur de ce processus et son implication, auprès de la responsabilisation de ses élus, dans la gestion des  affaires locales,  constitue un préalable de la bonne gouvernance locale, dans un contexte de stabilité politique et de paix sociale à cultiver par la conjugaison des efforts de tous et de toutes», a-t-il souligné.

 S’adressant aux maires, le ministre de l’Administration du Territoire a affirmé qu’ils sont les relais qui incarnent et consolident la République sur le terrain. «Ils ne sont plus partisans des causes politiques ou politiciennes. Dans l’exécution de leurs missions de service public, les maires ont une obligation de traitement équitable et d’équité envers tous les citoyens sans exclusive. Ils sont des agents publics au service des populations dans leur diversité d’opinion et de conviction», a-t-il dit. 

A en croire le ministre Condé, l’élaboration et l’adoption d’un Code des Collectivités locales qui  détermine l’organisation et le fonctionnement des collectivités locales. Ce code a fait l’objet en 2018 d’une révision en profondeur pour l’adapter aux exigences de l’évolution de notre société.

«L’élaboration d’une Lettre de Politique Nationale de Décentralisation et du Développement Local, qui anticipe opportunément sur le processus d’habilitation des communes à se gérer elles-mêmes. L’élaboration d’outils de gouvernance pour consolider le développement local, la mise en place d’une Association faitière des communes, l’Association Nationale des Communes de Guinée (ANCG), organe de facilitation de promotion et de dialogue inter-collectivités, la mise en œuvre de projets porteurs de prospérité dans le milieu rural, notamment le Programme d’Appui aux Communautés Villageoises (PACV) à travers ses 3 phases d’initiation, d’extension et de consolidation, le Programme de Développement Local de Guinée (PDLG) dans son cycle évolutif, le Programme National d’Appui aux Communes de Convergence (PNACC), récemment mis en place sous l’impulsion de monsieur le Président de la République et grâce à un fort soutien des partenaires techniques et financiers, notamment l’UNICEF, la Banque Mondiale, l’Union Européenne, et l’Agence Française de Développement que nous tenons à saluer particulièrement pour leur engagement à nos côtés», a-t-il mentionné.

Plus loin, le ministre Bouréma Condé a affirmé que la création d’une Agence Nationale d’Assainissement et de la Salubrité Publique (ANASP), chargée de résoudre la problématique de cette question cruciale, tant au niveau de la ville de Conakry qu’à l’intérieur du pays.

Nonobstant ces résultats, s’est-il réjoui, d’autres grands défis ponctuent le chemin de l’atteinte des ODD (Objectifs du Développement Durable). «La ferme détermination du Président de la République, de relever ces défis et d’apporter la meilleure réponse aux difficultés et contraintes qui constituent de sérieux écueils au financement de la décentralisation et du développement local, s’est traduite merveilleusement par la création de l’Agence Nationale de Financement des Collectivités Locales (ANAFIC). Elle est un outil de performance de la gouvernance financière à la disposition des collectivités locales. Son abondement par les 15% des revenus miniers va réduire les disparités de développement qui existent entre nos communes », a-t-il fait comprendre.