Etienne Soropogui sur la nouvelle loi sur la CENI : « C’est la pire des lois électorales qu’on a eue dans ce pays »

septembre 9, 2018 3:51
0

Lors de sa dernière plénière au compte de la session des lois de l’année 2018, l’Assemblée Nationale a adopté l’amendement de la loi organique L/2012/016/CNT portant, création, organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Pour l’occasion, des changements de taille ont été apportés par les députés à cette loi. C’est notamment les critères de sélection des partis politiques devant envoyer leurs représentants à la commission électorale et le nombre de commissaires de l’institution.

Selon l’article 6 de la nouvelle loi, la CENI qui est jusque-là composée de 25 membres, va désormais, dans la nouvelle loi, en avoir 17. L’administration qui envoyait deux représentants, n’enverrait désormais qu’un seul, alors que les partis politiques ne doivent se faire représenter que par 14 au lieu de 20 dans l’ancienne CENI. Et la société civile n’aura que deux représentants au lieu de trois.

Dans un entretien accordé à nos confrères de la radio Espace Fm ce vendredi 07 septembre, le directeur des opérations de la CENI a indiqué que cette loi n’apportera aucun changement positif dans le fonctionnement de cette institution électorale ; d’ailleurs, pour Etienne Soropogui elle retire à la CENI toute son indépendance et sa légitimité.

« Si on me demandais, j’aurais demandé même que le nombre de commissaires soit envoyé à moins de 17. Une équipe pléthorique pour travailler sur ces questions-là ne produit aucun résultat probant. On a eu l’expérience de ce qu’on avait comme équipe de 25 personnes.  Toutefois, 17 c’est mieux que 25. Mais là aussi, le schéma qui va être produit sera le même ou encore pire que ce que nous avons été. Parce que vous savez, les gens ont souhaité installer des commissaires partisans qui viennent pour militer et défendre les intérêts de leur entité politique au sein d’une institution. Ça ne produira aucun impact pour le bénéfice de cette structure-là », déclare Etienne Soropogui avant de préciser que : «  Cette loi est la pire des lois électorale qu’on eu dans ce pays. »

Poursuivant, le directeur des opérations de la CENI déplore les nouvelles prérogatives de la  CENI et demande à la  cour constitutionnelle de rectifier le tir.

« On change les lois c’est pour qu’elles soient les meilleures possibles. Mais la loi qui a été obtenue, elle est la pire des lois électorales qu’on a vues dans ce pays. Imaginez qu’on est transféré dans une des dispositions de cette loi une partie importante des prérogatives de la CENI à un compétiteur. Parce que malheureusement, l’Etat reste un compétiteur. C’est catastrophique, les gens ont mené assez de combats depuis un certain nombre temps pour obtenir une CENI indépendante, un beau matin, les gens se lèvent pour dépouiller cette institution de ses prérogatives c’est ahurissant. Je crois qu’au niveau de la cour constitutionnelle, les gens doivent travailler pour que cette disposition qui est  anti constitutionnelle pour être retirée », souhaite le commissaire de la CENI.

Pour Etienne Soropogui, la meilleur façon de trouver une CENI crédible, c’est de veiller à faire travailler des techniciens guinéens ou étrangers qui maîtrisent le domaine des élections et faire en sorte qu’ils soient recrutés sur la base de leurs compétences, leur faire prêter serment et les laisser travailler.