Evènements du 28 septembre: le ministre de la Justice evoque la double responsabilité de Toumba

0
152

La tenue du procès dans le dossier « Massacre du 28 septembre » se fait toujours attendre plus de 10 ans après les faits. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a animé une conférence de presse ce weekend. Au cours de sa sortie, Mamadou Lamine Fofana a rassuré l’opinion publique nationale de la tenue effective de ce procès courant le premier semestre de cette année.

Aussi, le conférencier s’est exprimé sur le degré d’inculpation du capitaine Moussa Dadis Camara dans cette affaire, ainsi que celui de son aide de camp d’alors, le lieutenant Toumba Diakité. Aux dires du ministre Fofana, à la différence du premier, c’est une double infraction qui pèse sur la tête du second. Lisez plutôt l’extrait!

« (…). En ce qui concerne le cas de Toumba Diakité. D’abord, Toumba est lié à deux infractions: il y a, d’une part, sa responsabilité dans les événements du 28 septembre, mais il y a aussi sa responsabilité dans la tentative d’assassinat portant sur le président Dadis. A ce titre, un mandat a été lancé contre lui. Le mandat a été exécuté au Sénégal. On a demandé l’extradition qui a été accordée. Et c’est à ce titre qu’il est détenu. Donc, il a une double inculpation.

S’agissant de Dadis, il fait partie des personnes renvoyées par le pool des juges d’instruction devant le tribunal criminel spécial. Et je vous garantis qu’il sera présent à la barre le jour convenu.

Pour la détention des autres mis en cause, cela relève de l’imperium des juges.  Je vous dis que le dossier a été instruit par trois juges qui sont saisis à charge ou à décharge. Ils sont libres de placer quelqu’un sous mandat de dépôt, comme ils sont libres de laisser la personne sous contrôle judiciaire. On ne peut pas répondre à cette question, pourquoi ils ne sont pas là.

Le juge d’instruction a fait son travail pendant six ou sept ans. Et je mesure à peu près ce qui a motivé les décisions: c’est que ce n’était pas une responsabilité individuelle pour le cas de Toumba Diakité. Je vous ai dit qu’il y a deux infractions qui pèsent sur sa tête. Mais pour les autres, il y a une responsabilité de la chaîne de commandement. C’est-à-dire, quand il y a des morts d’hommes comme ça par des troupes ou à défaut, parce qu’on n’a pu identifier aucun des éléments qui étaient ce jour au stade en tant que tireurs ou en tant que violeurs.

Faute de cela, et puisqu’il s’agissait d’un corps organisé, qui est l’Armée, la loi prévoit de retenir la responsabilité de la chaîne de commandement. Tous ceux qui avaient pouvoir de donner l’ordre aux troupes sont responsables. C’est ce que les juges ont retenu. Et c’est pourquoi vous avez douze ou treize prévenus qui vont comparaître à la barre ».