Examen du CEP à Kankan: des correcteurs se plaignent de la rigueur du délégué national

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2018

Entamé le mercredi 5 août, les épreuves de l’examen national du CEP (certificat d’étude Primaire) ont pris fin depuis  vendredi, l’heure est maintenant à la phase des opérations de correction et de saisie.

A Kankan, elles se font à huit-clos dans deux grandes enceintes scolaires de la place. Le groupe scolaire Korialen 1 et le centre islamique de Météo. Mamadou Baillo Diallo, le délégué national venu de Conakry pour la supervision de ces opérations, est pointé du doigt par un groupe d’enseignants retenus pour la correction des épreuves.

Rencontré dans la soirée du vendredi, ils ont sous-couvert d’anonymat formulé de nombreux griefs à l’encontre de ce dernier. Ils lui reprochent notamment d’abuser de son autorité pour les empêcher de mener à bien leur travail.

« Au moment des corrections, il nous empêche de travailler correctement. Il vient, il prend une chaise et  il s’asseoir jusque dans notre nez. Même celui qui veut aller se mettre à l’aise est suivi au pas. Il fait tout pour nous influencer. Pourtant chacun de nous connait les principes à respecter. Le délégué vient pour superviser le travail, ce qui différent d’imposer des normes qui existe pas, comme lui il le fait. Même au baccalauréat  les choses ne se font pas de cette façon. Pas de pause ni rien. Pour nous intimider, quand on se plaint, il sort avec son téléphone, et revient nous dire qu’il reçoit des ordres directement de la part de Nènè Fatou la secrétaire générale du ministère de l’éducation », a dénoncé leur porte-parole.

Poursuivant, en plus de travailler sous haute surveillance, ils soutiennent également qu’ils sont en sous-effectif, notamment au niveau du secrétariat, ce qui selon le porte-parole risque d’empiéter sur le délai imparti.

« Le nombre d’agents au secrétariat  est très minime par rapport à l’effectif des candidats. Les membres sont  en ce moment au nombre de 11. Il (le délégué) a récemment augmenté à 14 en nous faisant croire que  c’est Nènè Fatou, qui l’a ordonné d’ajouter 2 membres. Ce sont ces 14, pour les 11.257 candidats en lice,  qui à la fois coupent les entêtes des copies, mettent les anneaux et les emballent pour envoyer à la correction. On ne peut pas travailler dans de telles conditions et que nous soyons dans le temps qui a été imparti », a-t-il prévenu.

Sur ce, il demande auprès des autorités éducatives nationale le départ du délégué Mamadou Baillo Diallo et son remplacement immédiat pour la quiétude et la sérénité des opérations de correction et de saisi des notes qui sont en cours.

« Nous demandons pendant qu’il est encore temps, humblement son départ. Il nous terrorise et ça ne peut marcher de la sorte. Il dit qu’il est venu spécialement contre Kankan. Si la sérénité n’est pas au rend-de-vous, c’est impossible d’aboutir à des résultats concluantes dans le délai normal », a-t-il ajouté.

Interrogé sur ce sujet, les responsables éducatifs de la préfecture de Kankan, contestent les griefs des correcteurs contre le délégué. Saran N’Faly Keita, chef section de l’enseignement fondamental de la direction préfectorale de Kankan parle plutôt de rigueur.

« D’abord je m’inscris en faux. Il (le délégué)  est là pour nous aider dans l’organisation de l’examen. Il a même dit qu’il venu pour aider et non contre nous.  Maintenant il faut croire juste que les gens ne sont habitués à la rigueur. C’est ça le problème. C’est pourquoi, ils se plaignent», a-t-il défendu. Pour sa part, quand nous sommes allés à sa rencontre, dans la matinée de ce samedi 8 août 2020, pour avoir sa version sur ces faits qui lui sont reprochés, Mamadou Baillo Diallo, délégué national dépêché a Kankan pour ces examens du CEP,  n’a pas accepté de nous recevoir.