Explosion d’une grenade à Labé : un suspect a été mis aux arrêts (procureur)

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On en sait un peu plus sur l’explosion dimanche dernier d’une grenade qui a couté la vie à 4 mineurs dans le quartier Poreko de la commune urbaine de Labé. Moins d’une semaine après ces incidents malheureux, les enquêtes semblent avancer avec l’arrestation d’un capitaine à la retraite. Capitaine Hasmiou Diallo communément appelé « Ben Laden ou Guerre Mondiale » aurait été arrêté hier jeudi avec trois grenades du même type que celle qui a couté la vie aux enfants, à en croire le procureur du tribunal de première instance (TPI) de Labé. (Photo d’archives)

Dans un point de presse qu’il a animé dans l’après-midi de ce vendredi 12 juin 2020, Fallou Doumbouya le procureur du TPI de Labé est longuement revenu sur les enquêtes ayant mené  à la saisie de trois grenades offensives dans le domicile du suspect, arrêté par la brigade de recherche de la gendarmerie de Labé. Ce, après avoir situé exactement le lieu de l’explosion qui a conduit à la mort des 4 mineurs.

« Les officiers de police judiciaire se sont rendus le même jour au camp El Hadj Oumar Tall et ont visité le magasin abritant les grenades pour les comparer à celles retrouvées sur le site de l’explosion. Il en a résulté que les grenades stockées officiellement dans le magasin du camp ne sont pas de la même catégorie que celles trouvées sur le site de l’explosion. Mais plutôt la catégorie trouvé sur le site fait partie d’un lot de grenades qui a été offert par la France à la Guinée lors de l’agression rebelle de 2000, et qui ont été distribuées le long des frontières sud de la Guinée, c’est-à-dire à Pamelap dans Forécariah, à Madina Woula dans Kindia, à Kissidougou et à Gueckédou », entame-t-il.

Ainsi, une perquisition des domiciles des militaires retraités résidants dans le quartier Poréko a vite été requise par le TPI de Labé selon le procureur : « le commandant du camp El Hadj Oumar Tall affirme que cette catégorie n’est pas dans les régions militaires du pays et que seule les militaires déployés le long des frontières peuvent détenir ce type de grenades. Etant entendu que beaucoup de militaires retraités habitent dans le quartier Poréko, nous procureur de la république sur demande de la brigade de recherche avons adressé à cette unité une réquisition pour fin de perquisition dans les domiciles respectifs des militaires retraités qui habitent en ces lieux en vue de saisir toute pièce à conviction pouvant être en relation avec l’enquête », soutient-il.

« En exécution de cette réquisition, les officiers de police judiciaire ont découvert en la présence constante du capitaine Hasmiou Diallo, militaire retraité et de deux responsables locaux, c’est-à-dire le chef du secteur Dionga et le président du conseil de quartier Poreko trois grenades offensives et une tenue de camouflage qui a été emballée et gardée dans les toilettes externes de son domicile. Suite de quoi, il a été conduit à la brigade de recherche, interrogé et déféré au parquet d’instance de Labé le 11 juin 2020 aux environs de 16 heures », poursuit le procureur du TPI de Labé.

Finalement le prévenu aurait été inculpé à en croire monsieur Fallou Doumbouya : « suivant réquisitoire introductif du même jour, nous avons saisi le juge d’instruction qui conformément aux dispositions combiné des articles 198 et 235 du code de procédure pénale a inculpé et placé sous mandat de dépôt le capitaine Hasmiou Diallo pour des faits de ‘’détention illicite d’arme légère et dépôt dans une intention criminelle d’un engin explosif’’. Je précise que le capitaine Hasmiou Diallo communément appelé par ses intimes Ben Laden ou guerre mondiale dit être née en 1950 à Dinguiraye. Incorporé au compte de l’infanterie de l’armée guinéenne le 13 mai 1967 et a fait valoir ses droits à la retraite en 2010 », a-t-il conclut.

La procédure suit son cours  normal selon le procureur. Il faut rappeler que lors de sa dernière sortie médiatique, le président de la république a privilégié la piste terroriste en parlant de l’explosion à la grenade ayant couté la vie à 4 enfants dans la commune urbaine de Labé. Ces dernières informations communiquées par le procureur du TPI de Labé tendent vers la même direction.