Extraction de sable à Yomou : les gardes forestiers accusés de racket à Pela, village d’origine de Paul Pogba

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De plus en plus de plaintes pour racket sont enregistrées contre les gardes forestiers de la part des habitants de Kilikpala, vivant essentiellement de l’extraction du sable, dans ce district de la sous-préfecture de Pela, elle-même située à mi-chemin entre N’Zérékoré et Yomou, dans le sud-est de la Guinée. Pela c’est le village d’origine de l’international français Paul Pogba, qui se trouve à 40 kilomètres de Diécké.

D’après des informations recueillies auprès des victimes, ces gardes forestiers  se livreraient à une véritable  extorsion de fonds. Du fait qu’ils exigeraient le paiement de 40.000 francs guinéens   sur chaque chargement de sable extrait. Chargement dont le prix à la vente oscillerait entre 300 et 350 mille francs guinéens.

Il faut rappeler que depuis juin 2019, les gardes forestiers dont  la  mission est la surveillance de la forêt classée de Diécké, sont  accusés  de racket par la population riveraine de cette forêt.

Malgré des réformes engagées  par les responsables en charge de la surveillance  de cette foret, les habitants du village de Kilikpala situé  à 6 km de la sous-préfecture de Pela continuent de faire les frais  de certains  agents véreux.

Au grand dam de ces pauvres paysans  qui  ne vivent que d’activités agricoles et  de vente de sable, seuls  moyens  pour eux de  subvenir aux besoins vitaux de leur  famille.

Ce lundi 9 mars, la population de Kilikpala a exprimé  sa colère au micro du correspondant de Guinéenews basé dans la préfecture, devant le chef de poste Adjudant Fidèle Haba dit Monèmou,  principal accusé de cette affaire et qui serait spécialisé dans le racket.

Pierre Monèmou, citoyen de Kilikpala, extracteur de sable  précise qu’il extrait du sable  pour s’occuper de sa famille. Pour notre interlocuteur sur la somme issue de cette vente du chargement de sable, l’agent forestier lui retirait souvent 40.000 francs guinéens. Et si tu refuses de payer, tu te feras infliger une  autre amende comme  sanction. Même son de cloche chez  Kolié Thérèse et Christine Guémou, toutes ménagères qui déplorent elles aussi les conditions difficiles et risquées  d’extraction du sable dans la rivière.

Ces dames dénoncent les exactions des agents de la garde foresterie. Dans la même lancée, le président de la jeunesse de Kilikpala Barthélemy Monèmou reconnait  les accusations portées contre les gardes forestiers, tout en déplorant les sommes versées au  niveau  des gardes forestiers par les paysans.

Des versements qui ne sont jamais sanctionnées  par  des factures et autres attestations liées au payement.

Avant de lancer un appel à ces agents de laisser chercher de quoi manger, car ils n’ont pas autre moyen d’accéder à  la  forêt classée interdite.

Le chef de poste de Nona, l’Adjudant Fidèle Monèmou  ne reconnait pas les faits qui lui sont reprochés, et déplore  que  la population   dit   extraire du sable pour la consommation locale, non à titre commercial. Comme pour dire que les gens ne seraient pas en règle avec les principes.

Les autorités sous-préfectorales de Pela disent elles, ne pas être informées des exactions commises par les agents forestiers.  Même déclaration du chef de l’antenne de la forêt classée de Diécké, M. Barry, néanmoins les enquêtes sont à cours pour tirer au clair cette affaire.