Face à Alpha Condé, des leaders du FNDC évoquent la nécessité de repenser les stratégies

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Les leaders du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) se sont retrouvés le mercredi 2 septembre à leur siège pour condamner l’agression du domicile d’Elhadj Sékhouna Soumah, patriarche de la Basse Côte. Au sortir de cette rencontre, des leaders du FNDC ont demandé à ce que la lutte contre le projet de 3ème mandat soit renforcée.

Ibrahima Bangoura, vice-président de l’Union des forces républicaines (UFR) soutient que le combat va se poursuivre, même si Alpha Condé arrivait à imposer sa victoire : « Au sein du FNDC, nous allons continuer la lutte jusqu’à ce que Pr Alpha Condé renonce à son 3ème mandat et pour que ce 3ème mandat, même s’il arrivait à nous l’imposer comme il a fait pour le double scrutin du 22 mars dernier, nous allons combattre pour qu’il tombe avec cette mascarade. »

Le président de l’UDRG, Bah Oury, évoque les manifestations contre le manque du courant électrique à Kankan. Pour lui, ces situations devraient faire comprendre à Alpha Condé qu’il doit s’en aller.

« Il est dit qu’un parti a un fief. Ce fief est en ébullition aujourd’hui. Les jeunes se révoltent contre des promesses non tenues et certains d’entre eux vont jusqu’à dire que si les promesses ne sont pas réglées ils vont empêcher la tenue d’un scrutin dans cette région. Et de l’autre côté, on voit que l’écrasante majorité de la société guinéenne n’est pas en phase avec ce qui se fait actuellement. La sagesse aurait demandé que lorsqu’on est devant cette situation, et lorsqu’on jette un regard un peu attentif sur le plan sociologique et politique, de se dire qu’une page est en train d’être tournée », a-t-il souligné.

S’il estime que le changement est proche, Bah Oury rappelle que les choses ne seront aussi faciles que ça et demande d’affiner les réflexions sur des stratégies payantes : « Il ne faut pas croire que d’un seul claquement des doigts les choses vont se transformer. C’est une lutte de longue haleine qui demande de repenser nos actions, de repenser nos stratégies, d’approfondir les dynamiques, parce que d’une manière ou d’une autre, le temps du changement est très proche. »

Quant à Hadja Maimouna Diallo, vice-présidente du Comité des femmes de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), elle accuse Alpha Condé de vouloir dérouler son agenda même au prix de la vie des Guinéens : « M. Alpha Condé est prêt à marcher sur les cadavres de tous les Guinéens pour accéder à son 3ème mandat.

Il est en train d’appuyer sur l’accélérateur dans le déroulement de son agenda. Mais il nous trouvera le FNDC sur sa route. Parce que la majorité des Guinéens est contre son 3ème mandat. Depuis qu’il est venu, il n’a servi que de la violence à la population guinéenne. Il n’a fait que tuer la jeunesse guinéenne. Au lieu de s’occuper de cette jeunesse, au lieu de trouver de l’emploi pour cette jeunesse, malheureusement, il en a fait sa cible.

On a plus de 200 jeunes tués par les forces de défense et de sécurité. Alors, Alpha Condé, il faut que tu comprennes que le peuple de Guinée n’a plus besoin de toi. »

Depuis avril 2019, le FNDC multiplie les actions pour s’opposer au changement constitutionnel et à un 3ème mandat d’Alpha Condé. Mais le président guinéen continue de suivre son programme et a même annoncé officiellement sa candidature à la présidentielle du 18 octobre 2020.