Face à la menace du FNDC, le contre-feu de la mouvance présidentielle

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Face à la menace proférée par le Front national pour la défense de la constitution (Fndc), de déclencher des actions de désobéissance civiles, de manière ininterrompue, à compter du 13 janvier, la majorité présidentielle, veut prendre le taureau par les cornes, en tentant de diaboliser les opposants au projet de changement constitutionnel, qu’ils tentent de jeter en pâture. Dans cet entretien accordé à notre reporter, Dr Saliou Bella Diallo, porte-parole de la mouvance présidentielle ressasse le même argument qui consiste à rappeler les turpitudes des anciens Premiers ministres, devenus au fil du temps, les opposants au régime d’Alpha Condé.

Quelques jours seulement nous séparent du top départ d’une série de manifestations que le Fndc annonce interrompues pour exiger l’annulation du projet de révision constitutionnelle porté par les tenants du pouvoir. Et c’est le moment choisi par la mouvance présidentielle pour exprimer sa surprise face à la démarche des opposants.

Par la voix de son porte-parole, Dr Saliou Bella Diallo, la mouvance présidentielle sermonne l’opposition et tresse des couronnes au président Alpha Condé, dans une interview dont voici un extrait.

« C’est une annonce qui me surprend, étant donné que les mêmes acteurs avaient, au cours de la deuxième République, au temps du général Lansana Conté, procédé à des changements de Constitutions. Nous avions un mandat de 5 ans, avec des limites d’âge pour les élections présidentielles.

Ils ont changé la Constitution. Ils l’ont taillée à leur guise. Et ils ont mis un mandat à vie de 7 ans, sans limitation d’âge. Ce sont ces mêmes acteurs qui se retrouvent à l’opposition. Et donc, je suis surpris. A cette période, l’opposition n’avait pas fait de manifestations. La démocratie, c’est la lutte et l’unité des contraires. C’est la loi de la cathode qui donne le courant.

Le changement, c’est avec une contradiction civilisée, aisée, par la force des arguments. Et donc, nous ne sommes pas contre les manifestations, mais nous sommes contre des agissements belliqueux qui peuvent mettre en danger la vie de notre pays.

La Guinée est à nous tous. Nous devons donc nous retrouver pour que nous puissions nous comprendre à travers le dialogue, trouver les solutions à nos problèmes.

Moi, je suis membre de 5 dialogues qui ont eu lieu ici. Et nous avons toujours ensemble, dans la confraternité et la compréhension mutuelle, trouver les solutions qu’il faille pour que nous puissions continuer de l’avant.

Les conclusions issues de ces dialogues ont été à 90% appliquées. C’est tel que le vote des Guinéens de l’étranger. C’est le Pr Alpha Condé qui l’a concédé. Il était toujours au-dessus de la mêlée. C’est le cas de la mise en place des délégations spéciales.

C’est le cas au cours des élections législatives de 2013 où on avait beaucoup de revendications à faire, qui nous permettaient d’accéder à une majorité absolue. Il nous a contraints de nous abstenir et de nous contenter de cette majorité relative.

Tout cela, c’est pour sauver la paix et l’unité de notre pays,  comme il l’a fait au cours de la deuxième République où on lui a volé sa victoire. Il a dit qu’il ne veut pas verser du sang, avoir des cadavres pour qu’il puisse s’assoir dans le fauteuil présidentiel ».