Face à la presse : Claude Kory Koundiano dresse un bilan flatteur de sa gestion

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Après la fin de la législature controversée, ce malgré la présence de l’opposition, qui y jouait les figurants, le président de l’assemblée nationale Claude Kory Kondiano tente de s’offrir une virginité aux yeux de l’opinion. C’est ainsi que ce lundi lors d’une conférence de presse animée à cette occasion, M. Koundiano a versé dans l’autosatisfaction, en dressant un bilan flatteur de sa  gestion.

L’ex-président de l’assemblée a mis l’occasion à profit pour faire le bilan de la législature pendant laquelle il a présidé l’hémicycle. Il a affiché une certaine satisfaction en présentant les résultats de sa gestion dont la liste comporte entre autres: la rénovation des bureaux de l’assemblée, la formation des députés pour la plupart sans expérience, le statut des travailleurs de l’assemblée nationale qui ont désormais une pension de retraite, sans oublier les 290 textes et six (6) lois organiques votés, en partie grâce à la « forte minorité » de l’opposition qui « a accepté de jouer le jeu ».

Durant son magistère, Claude Kory Kondiano a répondu aux critiques et autres attaques. Notamment celles venant de ses collègues députés qui, selon ses propres termes, « ont inventé » l’idée selon laquelle les ressources de l’assemblée étaient détournées par trois têtes d’équipes dont lui-même en tant  que président.

La gestion financière et le contrôle de l’action gouvernementale sont les deux thèmes où le président sortant de l’assemblée nationale a dû répondre aux critiques. Sur le premier, M. Koundiano dément les informations selon lesquelles il a géré de façon cavalière et opaque le budget de l’assemblée nationale avec un groupe de députés. Au contraire, il déclare avoir respecté les procédures telles que prévues par le règlement intérieur de l’institution qui prévoit la double signature du président et du questeur pour décaisser…

Pour ce qui est du deuxième point, même s’il n’est pas totalement catégorique, Claude Kory Kondiano n’a pas manqué  de démentir les critiques concernant le contrôle de l’action gouvernementale jugée faible dans l’opinion.

Pour le conférencier, « c’est le contrôle sur place » qui n’a pas eu lieu parce que les commissions constituées à cet effet l’ont été seulement vers la fin de la législature.

Faute d’expérience des députés dont seulement 9 sur 113 (le 114ème   n’ayant pas siégé) n’avaient jamais été députés auparavant, concède-t-il.

Par contre, « le contrôle sur pièce » aurait bien fonctionné selon le président de l’assemblée sortante qui avance pour  preuve, « l’augmentation des recettes de l’Etat » grâce à l’efficacité du travail des députés. Une prouesse que le fonds monétaire n’avait pas pu réaliser auparavant », relève-t-il.

Les primes et autres avantages non payés aux députés de l’opposition qui, en signe de protestation contre les exactions et autres violences exercées par le pouvoir contre l’opposition, avaient suspendu leurs travaux au parlement se sont invités aussi dans les débats. Et monsieur Koundiano en a profité pour « se blanchir » ou tout au moins répondre aux accusations dont il a fait l’objet dans ce dossier.

Dans ses explications, il s’est évertué d’abord à démontrer sa bonne foi dans la gestion de l’affaire. Rappelant des démarches formelles et informelles qu’il aurait faites auprès des opposants qui sont restés intraitables. Et d’ajouter que la décision privant les députés de l’opposition de leurs avantages a été prise de façon collégiale par le bureau de l’assemblée nationale, ou du moins, ses membres qui restaient après le départ des opposants.

Un acte qu’il ne pouvait pas annuler seul, même en tant que président de l’assemblée nationale, en dépit des sollicitations officielles et informelles qui risquent de rester sans suite favorable, laisse-t-il entendre. En tout cas, « c’est une décision collective et le débat est clos », a conclu M. Koundiano.

Thierno Souleymane