Face au mutisme des autorités : les enseignants grévistes menacent de recourir à la rue 

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«D’ici une semaine, si nos salaires ne sont pas payés, nous allons descendre dans les Directions Communales de l’Education (DCE), Directions Préfectorales de l’Education  (DPE) ainsi que dans les Inspection Régionale de l’Education (IRE) pour les réclamer», a menacé Aboubacar Soumah, secrétaire général du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG). C’était à l’occasion de l’assemblée générale extraordinaire qu’il a animée ce lundi 2 mars à son siège à Dixinn.

D’après le leader syndical Aboubacar Soumah, depuis le vendredi passé, le préavis des 11 centrales syndicales déposé le 17 février a expiré.

«Cette semaine, elles vont se retrouver pour décider du déclenchement d’une grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national», a-t-il rappelé.

Dans la même lancée, le syndicaliste Aboubacar Soumah a dénoncé le payement des primes d’incitation aux enseignants en situation de classe. «La liste de payement des primes d’incitation est truffée d’anomalies. Il y a sur cette liste des cas de décès, certains sont en voyage et d’autres ont abandonné les classes. Pour nos camardes à l’intérieur du pays qui devraient percevoir 1 300 000 fg, ils n’ont reçu qu’un million et les payeurs ont empoché les 300 mille francs guinéens. Dans les chefs-lieux des régions administratives, ceux qui devraient avoir 750 000 francs guinéens, n’ont eu que 600 000 fg. Le reste 150 mille francs guinéens ont été empochés encore par les payeurs. Au niveau de certaines préfectures, les Directeurs Préfectoraux de l’Eduction (DPE) ont demandé 25 mille francs guinéens par certains enseignants et à d’autres 100 mille francs guinéens pour soutenir la tournée du ministre Mory Sangaré», a-t-il déploré.

A en croire Aboubacar Soumah, le payement de primes qui était faite pour saboter la grève n’a fait que galvaniser la position des enseignants.

«Il y a des chefs d’établissement qui m’ont appelé pour dire qu’ils n’ont rien eu dans ces primes et qu’ils nous soutiennent», a-t-il fait savoir.

Et de poursuivre : «nous devons continuer à poursuivre note mot d’ordre de grève. Le ministre Mory Sangaré est en perte de vitesse. Il ne sait plus où mettre les pieds. Il continue à tromper tout le monde que les cours se déroulent normalement. Au Lycée 1er Mars, les élèves de la 7ème année ne viennent qu’une seule fois par semaine, c’est-à-dire chaque lundi jusqu’à midi (…)».

Poursuivant, M. Soumah a regretté le fait que le gouvernement ne connaisse que les manifestations de rue. «Tant que vous ne descendez pas dans les rues ou tant que les pneus ne sont pas brulés sur les bitumes, le gouvernement ne fera jamais face à vos revendications. Etant des enseignants, nous ne pouvons pas nous mettre dans les rues afin qu’on nous appelle autour du dialogue. C’est aux parents d’élèves et aux élèves de descendre dans les rues. Nous ne ferons que réclamer nos salaires, les arracher dans les mains des prédateurs et des bandits réunis. Ils n’ont aucun droit  de retenir nos salaires. Comme nous savons maintenant que nos salaires ne sont pas gelés et qu’ils se trouvent dans les mains des  DCE et des DPE, nous allons descendre dans les rues pour les réclamer», a-t-il menacé.

Pour terminer, Aboubacar Soumah a indiqué qu’à Tougué, un de leurs camarades du bureau préfectoral du SLECG a été arrêté et mis en prison à Labé par le simple fait qu’il ait mis sur sa page Facebook que les militaires ont dérangé le sommeil des populations en faisant des tirs de sommation.

«Notre secrétaire préfectoral de Tougué a été suspendu de ses fonctions administratives ainsi qu’un de ses adjoints.  Tout cela veut dire que notre gouvernement à travers le ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation a violé les principes fondamentaux du droit syndical et des conventions internationales», a-t-il signalé.

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