Faible taux d’admission aux examens: une incompétence du ministère de l’Education nationale? (Analyse)

juillet 21, 2018 7:55
0

La période révolutionnaire a légué un système éducatif  des plus inadaptés aux besoins d’un peuple sorti d’un engrenage idéologique abrutissant et qui avait, à la fois,  besoin d’épanouissement et d’ouverture. Un enseignement de masse et de qualité, voilà ce qui avait été la vision obscure du système éducatif inventé par le président Sékou Touré, pour dit-on, rompre avec l’ancienne  Métropole.

 Il avait été question d’adapter l’école guinéenne au nouveau projet de société.  L’objectif était donc de produire un type de citoyen qui réponde aux exigences et aux besoins d’un certain ‘’socialisme’’. Le système éducatif élaboré à cet effet, devait, non seulement privilégier un enseignement dit de masse et de qualité, mais introduire, dans son programme, l’enseignement des langues nationales.
Les résultats auront tout simplement été décevants, du fait que la masse et la qualité à rechercher dans cet enseignement ne pouvaient faire bon ménage. Le type de guinéen produit, limité dans sa formation et ses vues, ne pouvait être qu’un produit local, impropre à répondre aux besoins de l’extérieur, en termes de qualité.

C’est le lieu d’avouer que la plupart de ces cadres qui se targuent d’être les produits des universités de la période révolutionnaire sont, certes, de bons orateurs, mais rares, parmi eux,  sont ceux qui maîtrisent la syntaxe dans l’écriture, à part  quelques-uns qui auront bénéficié de formations à l’Etranger.

Toutefois, presque tous  portent les stigmates de l’école révolutionnaire, en guise de tare. C’est dire que le système politique de la période socialiste aura dégradé la formation académique au profit des besoins d’une idéologie politique fondée sur la mobilisation des masses populaires au service d’un système féodal qui aura été plutôt préjudiciable à l’épanouissement du peuple.

C’est l’occasion de rappeler que le citoyen est le produit d’un projet de société défini par le système politique en place et que l’école est le lieu où est produit ce citoyen type.  Dès lors, l’on doit comprendre que l’échec de l’Ecole, c’est autant l’échec  des autorités en charge du secteur que celui du personnel enseignant, responsable direct de la formation. Autrement dit, le système éducatif, quelle que soit sa perfection, ne vaut que par ceux qui en sont chargés. Cependant, il est moins question, aujourd’hui, de mettre le système éducatif guinéen en cause que de dénoncer le choix porté sur des hommes incompétents et mal formés, pour l’animer et le gérer.

Le système éducatif se définit comme l’ensemble des dispositions administratives et pédagogiques, des moyens humains et matériels et des programmes élaborés, pour donner un enseignement qui réponde, d’une part, aux besoins d’un projet de société exprimant les aspirations du peuple et d’autre part, aux exigences des normes internationales, en termes de formation. A ce niveau, il ya très peu de choses à dénoncer, d’autant que le système éducatif actuel, sauf en termes de moyens humains, est comme tous les autres, dans l’espace CEDEAO.

L’on pourrait dire que l’école guinéenne est confrontée à deux  problèmes essentiels : la mauvaise formation de son personnel administratif, en  législation scolaire et celle de son personnel enseignant, en doctrines pédagogiques et méthodes d’enseignement. L’on avait cru que le président Condé, enseignant de son état, aurait pris des précautions utiles, pour sortir l’Ecole guinéenne, notamment l’Enseignement de base, de l’emprise du cercle de l’incompétence. Il s’agit d’un domaine technique, pas d’un ministère ordinaire où le moins doté peu se ‘’débrouiller’’.

Le domaine pédagogique n’est pas à négliger, au point de croire que le médecin ou l’économiste, pourrait faire l’affaire. K² avait montré ses  limites en arithmétique, sans compter la mauvaise gestion qu’il avait faite des revendications syndicales. Un  autre, de son cercle, est nommé au même poste, peut-être pour jouer le même rôle.

Sauf que les résultats proclamés, des derniers examens, sont éloquents par leur médiocrité. Toute cette situation générée par la négligence dont l’école guinéenne fait l’objet, depuis un certain temps,  rend nécessaire la tenue expresse des états généraux de l’Education, pour permettre de diagnostiquer les maux de cette école. Mais il ya lieu, aussi et surtout, de revoir les critères de nominations dans ce secteur si délicat. Sinon c’est l’éternel recommencement. Déshabiller Pierre, pour habiller Paul.