Faranah : des centaines d’élèves dans la rue pour réclamer l’ouverture de leurs classes

0
790
Manifestation des élèves à Faranah 19-11-18

« Aujourd’hui, nous sommes venus à l’école. Nous avons trouvé que la direction de l’école et toutes les portes des salles de classe étaient cadenacées. C’est pourquoi, nous nous sommes mobilisés pour aller à la DPE pour en savoir les motifs »

A Faranah, de nombreux élèves sont descendus dans les rues ce lundi en prenant d’assaut le centre-ville. Ils se sont dirigés vers les établissements scolaires privés et publics pour réclamer les cours mais aussi manifester contre les nouveaux contractuels d’État et autorités scolaires de la place. Ce, avec des slogans « Contractuels zéro, DPE zéro, IRE zéro ».

La manifestation a commencé au lycée régional d’application Gamal Abdel Nasser de Faranah, le plus grand lycée de la place. Très tôt, les élèves ont trouvé les portes de la direction et celles des salles de classe cadencées et les issues bouchées par des inconnus. Ce qui fait, qu’il y avait aucune possibilité d’ouvrir ces cadenas.

Face à cette situation confuse, le proviseur s’est employé pour casser ces cadenas pour la tenue des cours. Pendant ce temps, les élèves qui appellent leurs camarades à aller au tour du mât, ont pris le chemin de la direction préfectorale de l’éducation pour en savoir les motifs de la fermeture des portes de leurs écoles par des cadenas.

Du lycée Gamal, les élèves se sont rendus au groupe scolaire privé IKT puis ESO avant de se rendre au collège Niger pour mobiliser leurs collègues. Ainsi, au grand rond-point de la ville,  où il y avait la forte mobilisation, forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Préalablement, à la DPE, ils ont été interceptés par les forces de l’ordre qui ont procédé à la sensibilisation en leur demandant de rentrer à la maison. Faute de trouver une solution à leurs problèmes, ils ont battu le pavé pour se faire entendre. C’est pourquoi, ils ont barricadé les coins stratégiques de la ville notamment le plus grand rond-point de la ville paralysant le marché. Ce sont des centaines d’élèves qui sont sortis dans les rues, du jamais vu à Faranah.

Interrogé en marge des échauffourées, un élève qui a requis l’anonymat, explique les mobiles de leur ras-le-bol : « aujourd’hui, nous sommes venus à l’école. Nous avons trouvé que la direction de l’école et toutes les portes des salles de classe étaient cadenacées. C’est pourquoi, nous nous sommes mobilisés pour aller à la DPE pour en savoir les motifs. Arrivés à la DPE, nous avons trouvé que les portes sont fermées et les membres ont pris la fuite. Sur coup, les gendarmes sont venus, ils nous ont demandé pour quoi nous faisons cela? En réponse, nous leur avons dit que nos salles de classe sont cadencées. Ils nous ont demandé de rentrer à la maison. C’est pourquoi nous sommes allés dans les autres écoles pour informer nos camarades qui se sont ajoutés à nous pour descendre au marché. À partir du rond-point, nous avons été dispersés par les forces de l’ordre ».

Pendant les échauffourées, des élèves ont été arrêtés et bastionnés par les forces de l’ordre. Mais, au moment où nous écrivions ces lignes, le calme était revenu dans la cité. Mais la grosse question qui demeure est de savoir  qui a cadenassé les portes de la direction du lycée Gamal Abdel Nasser et celles des salles de classe ?