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    dimanche, 11 avril 2021
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    Faranah : faute de logis administratifs, les gouverneur, préfet, directeurs vivent en location

    Faranah, l’un des sept chefs-lieux de province de la Guinée, est confrontée à une crise d’infrastructures administratives surtout en ce qui concerne les logements des agents de l’État. Celles existantes sont soit insuffisantes ou soit se trouvent dans un état très vétustes. Parce que construites depuis la première République.

    Une situation qui fait aujourd’hui que la plupart des fonctionnaires mutés à Faranah, quel que soit leur rang, sont logés dans des maisons de particuliers à travers les différents quartiers de la ville.

    « Cette situation doit inquiéter tout digne fils de Faranah. Au temps de Sékou Touré (le premier président de la Guinée, ndlr), plus d’une cinquantaine de bâtiments ont été construits qu’on appelle « Cité des fonctionnaires ». Ce sont les tornades du début des saisons pluvieuses qui ont fini par emporter la toiture de ces logements. Si vous n’avez pas confiance, allez voir à la ‘’cité des fonctionnaires’’ pour vous en convaincre. Il y a certaines personnes qui ont transformé de ces logements en des écoles privées. Il y a des hauts et moyens cadres en ville qui cherchent sans succès des bâtiments pour se loger. Pourquoi ils ne rénovent pas ces bâtiments ? Chaque préfet qui vient, créé son propre projet. Il faut achever le projet que tu as trouvé sur table, s’est-il indigné Sékou Keita, alias ‘’Brian’’, domicilié au quartier Tonkolonko.

    Rencontré dans son bureau pour en savoir les motifs qui l’ont amené à habiter dans des maisons de particulier, le Gouverneur de région, Mohamed Ismaël Traoré, répond : « c’est une situation que j’ai héritée. Je crois que les administrateurs territoriaux qui m’ont précédé, ont peut-être jugé nécessaire d’être dans ce quartier. Parce que le bâtiment qui représente la résidence du gouverneur est tombé en ruine il y’a de cela quatre ans. Comme vous le savez, l’État n’intervient plus directement dans les régions, dans les préfectures. C’est à travers des projets, à travers un plan de développement local que l’État peut juger de l’opportunité de rénover un bâtiment public… Mais pour corriger cet état de fait dans les villes de province, le Président Alpha Condé a initié les fêtes tournantes de l’indépendance. Vous avez vu ce qui s’est passé à N’Zérekoré. Moi-même j’étais gouverneur en 2012 à Boké, nous étions les premières autorités de la région à avoir bénéficié de la délocalisation de cette fête. On a vu beaucoup d’infrastructures administratives qui ont été rénovées, d’autres ont été construites. Voilà un peu la situation qui fait que je suis logé dans le quartier. Mais, ce n’est pas une peine perdue. L’État est en train de prendre les dispositions pour essayer de réhabiliter la résidence du gouverneur qui est complètement tombée en ruine aujourd’hui. Vous savez, la restauration de l’autorité de l’Etat passe nécessairement par la réhabilitation, la construction des édifices publics : les résidences, les bureaux, les véhicules de commandement. Ce sont ces facteurs-là qui font que l’autorité de l’État est restaurée. Donc, le président Alpha Condé en est conscient et est en train de prendre des dispositions pour que l’État puisse faire face à ces travaux de réhabilitation de la résidence pour que nous puissions éventuellement y déménager. »

    Outre l’indignation que cette défaillance notoire des services du patrimoine bâti-public dans cette région suscite chez la population, il est important de souligner, les risques sécuritaires qu’elle engendre pour ces nombreux cadres de l’Etat qui sont obligés de loger dans les quartiers.

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