Faranah : les activistes des droits de l’homme renforcent leurs capacités techniques

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Après les régions administratives de Kindia et de N’zérékoré, le Haut-Commissariat aux Droits de l’homme avec l’appui financier de la République Fédérale d’Allemagne a regroupé les acteurs des organisations de défense des droits de l’homme de la région administrative de Faranah. C’est la salle de réunion de l’école normale d’instituteurs (ENI) de Faranah qui a abrité les travaux.

Présidée par le gouverneur de la région, Lancé Condé, cette rencontre vise à outiller les acteurs sur les modalités pratiques en matière de promotion et de protection des droits de l’homme.

L’objectif est de donner plus d’impacts aux acteurs de la société civile en renforçant leur conscience sur les normes internationales relatives aux droits de l’homme, leurs informations et stratégies, ainsi qu’en développant leurs capacités à s’engager concrètement avec le système de défense des droits de l’homme des Nations Unies.  

Venus des ONG des quatre préfectures de la région, les capacités de ces activistes de la société civile ont été renforcées sur les techniques de monitoring, de reporting et de l’observation des procès.

Durant trois jours, les participants ont abordé les thèmes liés à la notion et à la violation des droits de l’homme, les obligations des États, les systèmes de protection des droits de l’homme, la stratégie de monitoring, les principes de base pour le reporting en matière de violation des droits de l’homme et le monitoring des évènements spécifiques.

Les activités ont été également marquées  par des cas pratiques sur les violations des droits de l’homme, l’entretien avec les victimes de violences basées sur le genre et le monitoring des lieux de détention.

A cet effet, dans son discours de circonstance, le chef de bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme à N’zérékoré, Chanel Kavabushi, est revenu sur le mobile de l’activité. « Nous sommes ici dans le cadre de nos activités de renforcement des capacités. Le bureau intervient dans ce domaine pour promouvoir les droits de l’homme. Aujourd’hui, on a un groupe particulier à savoir : les acteurs de la société civile. C’est un groupe, aux yeux du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, qui est important par ce que c’est le maillon fort dans la promotion des droits de l’homme dans les États. Mais c’est aussi notre partenaire clé aux droits de l’homme », explique-t-il.

Poursuivant, il dira que « les droits de l’homme touchent tous les domaines de la vie. Et, dans leur diversité, les acteurs de la société civile sont une ressource importante pour le Haut-Commissariat aux droits de l’homme ».  Or, aujourd’hui, déplore-t-il, « la plupart des organisations de la société civile ne font que des dénonciations mais on ne les sent pas accompagner le traitement des dossiers jusqu’à la fin. Et ce traitement souvent, est fait par les jugements, par les juridictions. On veut les former sur l’observation des audiences, des procès pour qu’à la fin de compte, ils puissent aller au-delà ».

De son côté, le gouverneur de la région administrative de Faranah, Lancé Condé, fait une invite « aux autorités à tous les niveaux  de N’Zérékoré de s’engager dans le respect des droits de l’homme mais également demande aux citoyennes et citoyens de la région de Faranah de s’engager dans le respect des droits de l’homme. Par ce que qui parle des droits de l’homme, parle du devoir de l’homme. Donc, il faudrait que nous respections notre devoir pour exiger le respect de notre droit. Donc, lorsqu’on accepte la liaison étroite entre devoir et droit, l’objectif fixé aux droits de l’homme est atteint ».

Même si, au cours de ces dernières décennies, la Guinée a ratifié beaucoup d’instruments de promotion et de protection des droits de l’homme et s’est dotée de nombreuses normes en matière de protection des droits de l’homme à l’échelle nationale, le chemin à parcourir reste encore long et périlleux.

Car, les violations des droits de l’homme continuent d’être enregistrées notamment les atteintes au droit à la vie suite à l’usage excessif de la force lors des manifestations sur la voie publique, la résurgence de la pratique de la torture, les violations des droits des détenus, les violences basées sur le genre, les atteintes à l’accès à la justice, les violations des droits économiques, sociaux et culturels.