Faranah: offensive des femmes députées pour accroitre la représentativité des femmes en politique

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Comment promouvoir une représentation accrue des femmes dans les prochains conseils régionaux ainsi que dans les conseils de quartier ou  de district afin de respecter la parité entre hommes et femmes sur les listes de candidature aux élections en Guinée conformément aux dispositions de l’article 1er et 8 de la constitution. Tel est l’objectif du forum des femmes parlementaires de Guinée.

C’est dans cette perspective que  les femmes députées, conscientes du rôle indéniable de la femme dans la vie publique et politique guinéenne, ont organisé une série de plaidoyers et de lobbyings auprès des autorités administratives dans les chefs-lieux d province ainsi que  dans la capitale Conakry. Une activité appuyée techniquement par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en Guinée ainsi que par le Bureau régional ONU femmes Afrique de l’ouest et du centre, basé à Dakar et qui est financée par le gouvernement du Canada.

La région administrative de Faranah constitue la première étape de ces travaux. C’est dans cette optique qu’une délégation de femmes conduite par la députée Zalikatou Diallo est arrivée mercredi 20 février à Faranah.

Tour à tour, les femmes parlementaires de la délégation ont non seulement encouragé les femmes à s’intéresser à la politique avec plus d’engagement, mais aussi, ont sensibilisé tous les acteurs impliqués dans le processus électoral conviés à la rencontre à œuvrer à ce que la représentativité et le positionnement des femmes sur les listes de candidature soient respectés.

Ont pris part à ces travaux de sensibilisation, les représentants des partis politiques, du nouveau conseil communal, de la société civile et de la commission électorale préfectorale indépendante.

Il faut par ailleurs noter qu’en Guinée, les femmes représentent près de 52% de la population. Elles jouent un rôle important dans le développement socioéconomique du pays. Malgré leur présence dans la vie publique, économique, professionnelle, politique et socioculturelle, leur représentativité aux instances de prise de décision, à la vie publique et politique demeure insuffisante pour favoriser des chargements importants dans leurs conditions de vie.

Elles sont représentées dans la vie publique et politique et aux postes de décision, notamment à l’Assemblée nationale (26 femmes sur 112 députés inscrits), au gouvernement (4 femmes sur 39), à la cour suprême (9 femmes sur 30), au conseil économique et social (10 femmes sur 35), à la commission électorale nationale indépendante (4 femmes sur 17), maire de commune urbaine (1 femme sur 38), Gouverneurs (1 femme sur 8) et Préfets (1 femme sur 38).
Les élections locales du 4 février 2018 ont enregistré dans les 342 circonscriptions électorales du pays un total de 29 554 candidats pour seulement 7 044 femmes. Cette faible représentativité des femmes sur les listes de candidature aux élections communales est due, entre autres, à la suppression dans le code électoral du quota de 30% au moins de femmes, laissant ainsi la liberté aux partis politiques et aux entités indépendantes ayant présenté des candidatures d’inscrire à leur guise le nombre qu’ils souhaitent au mépris des dispositions de la constitution qui prône pourtant l’égalité des sexes.