Faya Millimonou vs le Sous-préfet de Bignamou (Yomou) : qui dit la vérité sur la disparation de Jean Molmou ?

février 6, 2019 7:55

Un responsable du Bloc Libéral (BL) de Bignamou, dans la préfecture de Yomou, est porté disparu, selon le Dr Faya Millimono. Après avoir été échangé au téléphone avec le sous-préfet, le président du BL soupçonne ce dernier de savoir quelque chose dans cette « disparition ». Ce que le Sous-préfet que nous avons joint au téléphone, a catégoriquement démenti.

D’après Dr Faya Millimono, avant la disparition de  Jean Molmou, il aurait fait l’objet de beaucoup de convocations avec des menaces de la part du Sous-préfet.

 « En fin de compte, il ne répondait pas à l’appel. Le parti m’a appelé pour m’en parler. Ensuite, les membres de sa famille aussi. Je leur ai dit d’aller faire la déclaration au niveau de la gendarmerie. J’ai personnellement appelé le Sous-préfet, je me suis présenté à lui et j’ai commencé à lui parler de ce problème. Dès que j’ai évoqué le nom de Jean Molmou, il a piqué la colère et il m’a dit, je croyais que c’était pour un problème important que tu m’appelais. Je lui ai dit : ‘’je vous parle de la disparition d’un citoyen et vous me répondez que vous croyiez que je vous appelais pour un problème important. Il raccroche le téléphone’’. Ce qui montre qu’il connait quelque chose dans ce dossier. Nous sommes très inquiets et nous pensons que le Sous-préfet connait quelque chose de la disparition de Jean Molmou », a expliqué Dr Faya Millimono au téléphone à Guineenews.

La version du Sous-préfet

Pour sa part, Saa Réné Yirandouno, le Sous-préfet de Bignamou, explique plutôt que Jean Molmou a pris la poudre d’escampette après avoir eu échos de sa convocation par le Secrétaire général de la préfecture à Yomou.

« Entre Jean Molmou et moi, il n’y avait aucune relation particulière. C’est un citoyen comme tout autre citoyen. Il a fait l’objet d’une plainte régulière formulée par le président du district de Kpô pour usurpation de titre et de fonction. Pour la petite histoire, suite aux travaux d’installation des exécutifs communaux, il y a eu des troubles à Bignamou. Et Jean Molmou était venu rassembler les jeunes. De retour à Kpô, il aurait regroupé ces mêmes jeunes à la maison des jeunes. Rassemblement au cours duquel, il devrait instruire à la jeunesse qu’à partir de ce jour, le conseil de district était dissout et le président de district est démis de ses fonctions. Et que pour tout problème de district, on devait s’adresser à lui Jean Molmou, animateur de la jeunesse de son état. Et la plainte a été déposée chez nous le 5 novembre. Ayant fait un déplacement sur Guéckédou, j’ai accusé réception de ladite plainte par les soins de Monsieur le Maire. Le même jour, j’ai émis une convocation pour le 14 novembre. Le président de district, Alain Gnakoye Camara, son vice-président et des représentants des sages et de la maison des jeunes ont répondu à l’appel. Jean a brillé par le refus d’obtempérer », explique le Sous-préfet

Toujours selon lui, une deuxième convocation et une troisième ont été émises, en vain. Il a alors remonté l’information à sa hiérarchie, en l’occurrence le Secrétaire général de la préfecture de Yomou qui assume l’intérim après le décès du préfet. Entre temps, il reçoit, affirme-t-il, l’appel des responsables du BL pour lui dire que le sous-préfet ne peut pas se livrer à des interpellations en lieu et place de la gendarmerie ou le commissariat qui sont bien indiqués. « Ils se sont employés à des propos diffamatoires », souligne M. Yirandouno qui dit avoir demandé à la délégation du BL d’aller se renseigner auprès de la gendarmerie. « Je m’inscris à faux », rétorque-t-il.

Entre temps, ajoute Saa Réné Yirandouno, le secrétaire général de la préfecture s’est mis à pied d’œuvre pour inviter tout le monde à Yomou en vue du rétablissement de la paix.

« Pendant ce temps, Jean qui ne répondait pas à mon appel, profite de ce moment pour aller se plaindre auprès de la notabilité du district et de ses conseillers. Le président répond à l’appel. Pendant l’assise, Jean s’est vu confondu à ses actes. Entre eux là-bas, il a reconnu ses fautes. En tant qu’administrateur territorial, je ne peux pas démettre un président de district. Ça relève de la compétence du ministre de l’administration du territoire. Mais si c’est un animateur de jeunesse qui s’arrose ces attributions, cela laisse à désirer », s’étonne M. Yirandouno.

Toujours selon lui, suite au mea-culpa de Jean devant la notabilité, le district a désigné trois personnes qui sont venues me demander d’accepter que l’affaire soit résolue en famille. « Je leur ai dit que je ne m’oppose pas. Mais à partir du moment où il y a eu une plainte régulière, appeler Jean et le président de district, vous venez afin que le plaignant fasse une lettre de désistement. Un sous-préfet ne peut pas s’opposer à une réconciliation entre les éléments de sa juridiction. Son devoir régalien, c’est d’abord le maintien de la quiétude sociale, de la paix, de la sécurité de ses citoyens et de leurs biens», souligne-t-il.

Suite au refus de Jean de répondre à l’appel du Sous-préfet, c’est finalement le Secrétaire général de la préfecture qui décide de prendre la relève. Il convoque Jean et le président de district à Yomou pour une réconciliation. Le président de district et son adjoint sont allés répondre à l’appel du général.

« Là également, Jean a brillé par son absence. Depuis lors, je l’ai plus revu. Le 3 décembre 2018 dans l’après-midi, je reçois une mission du BL de Yomou, composée de monsieur Antoine Délamou, enseignant, accompagné de Cécé Haba pour venir s’enquérir de la situation après avoir appris que ça n’allait pas entre les autorités et Jean. Après leur avoir donné ma version des faits, ils m’ont promis d’aller chercher Jean à Kpô pour venir régler le différend entre lui et son président de district. Ils sont allés et c’est une semaine après, qu’ils m’ont appelé à partir de Yomou pour m’informer qu’ils ne sont plus repassés par Bignamou parce qu’ils ont appris que Jean a pris la fuite quand il a entendu qu’il est convoqué à Yomou. Et voilà pourquoi Jean n’est plus revenu à moi. Donc Jean qui devait être devant moi pour faire son mea-culpa étant absent, il n’est plus revenu à moi. C’est ce qui s’est passé à Bignamou », précise Saa Réné Yirandouno.

Aux dernières nouvelles, la famille de Jean Molmou a fait une déclaration devant la gendarmerie de Bignamou. Quant au BL, il se prépare à déposer une plainte contre x à la justice.