Femmes et pauvreté: Les jardins potagers comme moyen de survie à Kissidougou

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Pour joindre les deux bouts, de nombreuses femmes se tournent vers le jardinage des cultures maraîchères dans la préfecture de  Kissidougou. Leur production sert à ravitailler  le marché central de cette ville située à près de 700 kilomètres de la capitale,  en condiments, constaté notre reporter sur place.

Le jardin potager de Mme Lèno née Catherine Tolno est situé dans le quartier de Madina, dans la commune urbaine de Kissidougou.

Dans son jardin où nous nous sommes rendus,  Cathérine Tolno était ravie de nous montre les différentes  cultures qu’elle plante. « Ici j’ai cultivé le piment, de l’aubergine locale améliorée, du maïs et de la laitue. C’est ma troisième année depuis que j’ai commencé à travailler dans ce jardin. J’ai constaté que cette activité est très avantageuse pour moi. Si je prends l’exemple sur la première année, j’avais dépensé, parce que c’était le début, j’ai juste dépensé quelque chose de 100 mille francs guinéens. A la récolte, quand j’ai revendu les condiments, j’ai eu un montant de 800.000 francs guinéens  comme bénéfice. J’ai fait le calcul, j’ai trouvé que c’est bénéfique. C’est ce qui m’a encouragée et m’a motivée davantage. A l’heure-là, je gagne beaucoup d’argent dans le potager. Le potager est vraiment rentable », s’est-elle réjouie.

Par rapport à la durée des cultures, elle renseigne que « la durée dépend des cultures. Si c’est la laitue par exemple, en un mois deux semaines, tu peux commencer à récolter. Si c’est le piment, il faut attendre trois mois  pour penser à la récolte. Quant à  l’aubergine, c’est aussi une durée de trois mois. Concernant l’aubergine, si ça donne très bien, chaque semaine tu peux récolter et envoyer au marché pour la vente», a-t-elle souligné.

Concernant les difficultés qu’elle rencontre, Catherine affirme qu’elles  sont « diverses et variées. Il y  a que certains problèmes peuvent surgir en un seul coup. C’est comme le cas de la crise de pain qui a duré deux semaines. La crise de pain a beaucoup impacté sur mon rendement, vous savez c’est avec la laitue qu’on prépare la salade et sans le pain, on ne peut la préparer. Dans l’évaluation que j’ai faite, j’ai  perdu au moyen 300.000 FNG  à cause de l’absence de pain dans les étals. Deuxièmement, quand les premières pluies sont tombées, vous savez la laitue ne supporte pas beaucoup d’eau. Il y a eu une forte pluie et l’eau est venue stagner  en bas des pieds. Donc c’est ce qui a fait pourrir ma laitue. Ensuite, j’ai d’autres problèmes comme l’obtention de l’engrais. Cette fois-ci, l’engrais est  très rare au marché. On n’en voit même pas, et quand on voit, ça coûte très cher. Je n’ai pas  assez d’arrosoirs et je n’en ai pas la motopompe pour l’arrosage. Je me débrouille avec les matériels rudimentaires. On a besoin de soutien technique  des ONG », dit-elle.

Enfin, elle a lancé un message à l’endroit des jeunes en conseillant: « j’informe  tous les jeunes de notre cher pays que la terre ne trahit jamais. Il ne faut pas qu’ils attendent l’emploi provenant de l’État, je leur demande de se lancer dans l’agriculture, dans les jardins potagers en créant des groupements. Ils vont réussir facilement afin de subvenir à leurs besoins. Il faut entreprendre des actions génératrices des revenus. Je demande aux jeunes  d’éviter  de s’assoir dans les cafés, en parlant de football ou de la politique toute la journée. Ils doivent  se  mettre au travail, car c’est le travail qui libère l’homme », assure Catherine.