Fermeture des frontières terrestres: Les chauffeurs de camion tirent le diable par la queue à Kourémale

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Plusieurs véhicules sont bloqués à la frontière guinéo-malienne de Kourémalé, obligeant leurs chauffeurs à abandonner leurs camions, à cause du calvaire qui y règne. Dans cette zone frontalière située à plus de 800 kilomètres de la capitale guinéenne et à 125 kilomètres à l’ouest de Bamako, plus d’une centaine de véhicules y sont visibles à cause de la décision de fermeture des frontières terrestres par le gouvernement guinéen.

Sur place, nous avons trouvé quelques chauffeurs et apprentis regroupés. Dans nos conversations, le ton de ces jeunes gens était vraiment sévère à l’égard des autorités.

Sous anonymat quelques-uns d’entre eux ont facilement affirmé leur ras le bol.

« Nous sommes ici depuis plusieurs semaines, vous constatez que moi j’ai quitté la Côte d’Ivoire pour rejoindre Conakry. Mais, avec cette fermeture des frontières nous sommes presqu’en prison comme ça. Vraiment c’est déplorable ce qui se passe, on dirait que nous ne sommes pas des guinéens », s’est lâché un chauffeur très remonté.

« Je suis ici depuis deux semaines, tout ce que j’avais comme argent est fini. Nous sommes parfois obligés de cotiser pour manger ou faire le thé (attaya) comme vous le constaté. En plus, nous avons des familles et ce que le patron donne, on envoie automatiquement à la famille. Et nous restons ainsi », a-t-dit.

« Il y a plus de 100 véhicules ici, certains chauffeurs qui logent à Kankan et dans les villes environnantes ont abandonné leurs véhicules à cause du calvaire. Mais, nous qui sommes à Conakry, nous ne pouvons pas laisser les véhicules ici comme ça, en cas de perte d’un objet notre responsabilité est engagée et cette zone est très dangereuse », a-t-il déploré.

Du côté de la frontière malienne, le constat est le même. Un chauffeur nous indique que c’est sur place qu’il a appris la nouvelle.

« Je suis arrivé de Bamako, mais c’est ici qu’on m’a dit que la frontière est fermée. Je n’étais pas au courant, nous étions à Conakry et nous portons des objets de quincaillerie»,  confie Lamine Doumbia, chauffeur de camion malien.

Au bureau de la douane de Kourémalé Guinée, le travail  continue, mais  nous n’avons finalement pas eu de répondant. Et le secrétaire nous a finalement indiqué l’absence du chef de bureau.

Cependant à la direction nationale de la douane un membre de la cellule de communication nous a indiqué que la fermeture durera un mois.

« Dans l’optique de la mise en œuvre effective des mesures de sécurité récemment prises par le chef d’état-major des armées et le gouvernement par rapport à l’interdiction du trafic des marchandises par les frontières terrestres, le Général de Brigade Toumany Sangaré s’est rendu, le jeudi 13 février 2020 à la frontière guinéo-malienne à Kourémalé pour informer et sensibiliser l’ensemble des  forces de sécurité postées à cet endroit stratégique du pays. Le gouvernement a récemment pris la décision de fermer les frontières terrestres du trafic des marchandises pour un mois suite aux multiples alertes de menaces du terrorisme reçues par l’État de ses services de renseignements », a déclaré Lamine Kaba, membre de la cellule de communication de la direction nationale de la douane.

Seuls les véhicules transportant les denrées de premières nécessités (légumes) sont autorisés à passer.

Avec cette situation, le nombre de véhicules risque de gonfler dans les jours à venir et la cour de la douane de Kourémale sera obligée de refouler certains véhicules.