Fête du 1er Mai: après les incidents du Palais du peuple Soumah se lâche et met en garde

mai 1, 2018 5:44
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Le grand rassemblement de la fête internationale des travailleurs a été célébré ce mardi 1er mai au Palais du peuple sur fond de graves dissensions au sein du mouvement social guinéen, a-t-on constaté sur place.

Cette discorde qui mine les syndicats a éclaté au grand jour ce 1er mai lors des festivités commémoratives de cette journée entre des Responsables des différentes composantes de l’USTG, (l’une des deux principales centrales syndicales du pays.)

En raison donc du bras de fer qui l’oppose à Souleymane Sy Savané, l’autre Secrétaire général du SLECG, Aboubacar Soumah, qui dirige l’aile dissidente du même syndicat, n’a pas reçu d’invitation pour participer à ces festivités.  Une attitude que l’intéressé trouve ‘’inacceptable’’ surtout de la part de leur centrale-mère, l’USTG à laquelle le SLECG est affilié. Lisez plutôt sa réaction à cette situation que Guinéenews vous livre en intégralité ici :

 «Nos camarades des centrales syndicales USTG-CNTG n’ont pas voulu nous recevoir à cette fête des travailleurs. Mais, nous avons forcé la situation parce que nous sommes membres à part entière de l’USTG et surtout membres fondateurs. Le SLECG ne peut pas être relégué au second rang. C’est pourquoi nous sommes venus nous imposer en nous mettant dans la file pendant les défilés. Nous avons fait le tour du palais du peuple sous les ovations de l’ensemble des travailleurs de Guinée.

Malgré qu’ils se soient opposés à ce que nous accédions à la tribune, nous avons été triomphalement reçus non seulement par certains camarades mais aussi par des forces de l’ordre. Et tout cela grâce à la force des enseignants qui m’entouraient.

A la tribune, quand j’ai commencé à serrer la main de certains camarades, j’ai été aussitôt empêché de poursuivre la salutation avec les officiels. Je suis très content parce que j’ai partagé la fête avec les travailleurs de Guinée. La manière dans laquelle j’ai été reçu au palais du peuple, m’a réconforté à plus d’un titre.

Malheureusement, dans les différents discours des leaders syndicaux, ils n’ont jamais fait cas de notre victoire. En le faisant, ils estiment qu’ils seront décrédibilisés. Cette victoire a démontré aujourd’hui qu’ils ne sont pas des véritables syndicalistes et qu’ils sont au service du gouvernement. Ce sont des marionnettes du gouvernement. C’est du jamais vu, qu’un syndicaliste s’oppose à un autre syndicaliste qui défend la cause des travailleurs. C’est en Guinée seulement qu’on peut voir ce genre de choses. Qu’une centrale syndicale s’oppose à la revendication d’une corporation surtout la plus importante qui est celle de l’Education.

De même, ils n’ont jamais fait cas de notre négociation qui s’ouvre le 4 mai. C’est de bonne guerre, mais pour nous, une correspondance nous a été adressée même si elle n’est pas en bonne et due forme pour une réunion qui va nous conduire autour de la table des négociations. Nous considérons que c’est un grand pas même si les détails sont défaillants. Ils m’ont  adressé la lettre sans mentionner le Secrétaire général du SLECG qui est pourtant signataire du protocole d’accord. Il y a eu vice de forme malgré, en dépit du fait qu’il existe une volonté de discuter avec nous.

Pour le moment, nous avons demandé à ce que cette correspondance soit rectifiée et faute de quoi nous allons réagir. Nous leur  donnons une date butoir qui est  fixé au 4 mai  prochain. Si rien n’est fait, nous prendrons toutes nos dispositions légales.

Le chef de l’Etat Alpha Condé ne peut pas dire que les enseignants de Guinée n’ont pas de niveau. L’enseignant guinéen a toujours bien formé. Ce qui lui manque aujourd’hui, c’est la motivation et c’est pour cela que nous nous battons. Si cette motivation est là, l’enseignant guinéen n’est pas en reste. Nous sommes les meilleurs enseignants de la sous-région et cela a été prouvé pendant l’avènement de la deuxième République où nous avons démontré devant les experts qui ont finalement su que les enseignants guinéens ont le niveau. En plus, ce n’est pas le syndicat qui recrute les enseignants mais plutôt l’Etat…»