Fichier électoral : Cellou Dalein prévient les experts de la CEDEAO

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Le fichier électoral est le principal problème qui oppose le pouvoir d’Alpha Condé et l’opposition dirigée par Cellou Dalein Diallo depuis près de 10 ans. Si les partenaires avaient souvent douté de la fiabilité du fichier électoral, ce qui a conduit à son audit à chaque fois, c’est en fin février qu’ils ont haussé le ton suite au refus de la commission électorale d’appliquer leurs recommandations.

En marge de l’assemblée générale de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de ce samedi 7 mars, Cellou Dalein Diallo a affirmé que c’est grâce au combat de ses militants et ceux du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) que la communauté internationale s’est impliquée : « Vous savez pour le cas du fichier, grâce au combat que vous avez mené, l’état de ce fichier a attiré l’attention de la communauté internationale. L’OIF (organisation internationale de la francophonie a dénoncé l’état de ce fichier et s’est retirée. Elle a dit qu’en tant qu’organisation internationale, elle ne peut pas cautionner une élection qui se fera sur la base de ce fichier. Vous avez eu raison de dire non à ce fichier. »

Le président de l’UFDG accuse le président Alpha Condé d’avoir voulu faire le forcing pour le fichier électoral : « Il (Alpha Condé, ndlr) a tout fait pour intimider, corrompre les gens pour qu’ils disent que son fichier est bon. Les gens n’ont pas voulu. Il dit aux experts de l’OIF que tant pis pour eux, car il va  valider son fichier. »

Après le report des élections, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a envoyé des experts électoraux afin de procéder au toilettage du fichier électoral. Mais le chef de file de l’opposition accuse le président Condé d’avoir imposé ses hommes dans l’équipe de la CEDEAO : « Il fait venir la CEDEAO en trois jours après avoir reporté les élections. Il fait venir une autre organisation internationale, peut-être lui-même il choisit les techniciens. Il demande à ces techniciens de faire l’audit du fichier en 10 jours. Vous ne pouvez pas imaginer, c’est un travail immense. L’ancienne équipe dépêchée par l’Union européenne et l’OIF a mis deux mois pour auditer le fichier et faire un rapport. Il envoie une équipe de trois personnes pour dire qu’il faut auditer le fichier dans 10 jours. C’est impossible techniquement. »

A en croire Cellou Dalein, il n’y a pas de termes de référence définis par les exports de la CEDEAO et les prévient : « Les gens viennent, la classe politique n’est pas au courant des termes de référence, mais l’UFDG a pu se procurer la lettre qui définit les termes de référence. C’est beaucoup de travail qu’on ne peut pas faire même en un mois sauf s’ils vont juste dire que le fichier est bon. Donc soyez en mobilisés, parce que si cette mission de la CEDEAO sort des conclusions qui sont contraires au bon sens, qui sont contraires à l’état réel du fichier, naturellement on  ne l’acceptera pas. L’OIF a dit que le fichier est pourri, si la CEDEAO vient dire qu’il est bon, mais il faut chercher un troisième arbitre pour les départager, non ? »