Fille unique de la famille, Fanta Keita, 3 ans, est victime de la poliomyélite

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Il y a trois ans, à la naissance de la petite Fanta Keita, son père Amara Keita était très heureux de la prendre dans ses bras. Fanta est sa princesse qu’il admire tant pour la simple raison qu’elle est la seule fille parmi ses enfants.

Amara Keita est un père de famille de 58 ans, résidant dans le quartier Kissidoukoura, dans la préfecture de Mandiana avec ses quatre épouses.

Située à 85 km de la région administrative de Kankan, Mandiana fait face à une propagation croissante de poliovirus circulant dérivé d’une souche vaccinale de type 2 (PVDVc2). Au jour d’aujourd’hui cette préfecture a notifié 7 cas dont Fanta Keita.

« Quand ma femme était enceinte, j’étais dans les mines à la recherche de l’or, je suis revenu après son accouchement, mais le bébé se portait bien. C’est après quelques mois qu’elle a commencé à tomber malade et nous l’avons ammené chez un guérisseur qui n’a pas pu la soigner . Un an après, nous avons remarqué qu’elle ne peut plus se tenir debout », explique Amara Keita, père de Fanta.

Si jetais là à côté de ma femme à l’époque, ma fille n’allait pas attraper cette maladie

Amara Keita, père de Fanta
Fanta Keita 3 ans et son papa
UNICEF Guinee/ASDiallo
Fanta Keita 3 ans et son papa Amara Keita

Un phénomène qui avait inquiété toute la famille. Aboubacar Keita, jeune frère d’Amara, a suivi de près l’évolution de la maladie de la petite fille Fanta. Il se souvient encore des démarches entreprises, alors que son grand-frère était absent du foyer. « Koulako, ma belle-sœur, fréquentait rarement le centre de santé quand elle était enceinte et du coup quand elle a accouché quelques mois après Fanta est tombé malade. C’est après que l’on a décidé d’aller au centre de santé pour les examens et Fanta a été déclarée malade de polio » précisera-t-il.

Elles sont nombreuses en milieu rural à négliger la vaccination durant la période de la grossesse et après l’accouchement, deux périodes critiques pour maintenir un haut niveau d’immunité de la mère et de l’enfant. Les parents de Fanta se retrouvent aujourd’hui démunis face à la maladie « A cause de Fanta, sa maman ne va plus dans les mines et au champ. Sa maladie nous a appauvris davantage, tout ce que nous gagnons nous sert à faire face à sa maladie », ajoute Amara Keita

Fanta Keita 3 ans et son papa
UNICEF Guinee/ASDiallo
Fanta Keita 3 ans et son papa Amara Keita

Aujourd’hui à Mandiana la tendance commence à changer grâce à l’appui de l’UNICEF auprès du Ministère de la santé à travers le Programme Elargi de Vaccination (PEV). Aujourd’hui, Amara croit en l’existence de la poliomyélite et encourage vivement la communauté à faire vacciner les enfants. « Après tout ce que ma fille est en train de traverser, cela fait sens de croire à l’existence de cette maladie. Je regrette ce qui est arrivé à ma fille et demande à toutes les mamans d’accepter les agents vaccinateurs dans leurs foyers durant cette campagne de vaccination. Moi-même si jetais là à côté de ma femme à l’époque, ma fille n’allait pas attraper cette maladie », regrette Amara.

Pour la prochaine campagne de vaccination contre la poliomyélite, Amara Keita s’est porté volontaire à accompagner l’UNICEF et les autorités sanitaires dans la mobilisation communautaire afin que les enfants de Mandiana puissent naître et grandir dans un environnement sans poliovirus.