Fodé Mohamed Soumah : « Au vaillant peuple de Guinée. Ensemble, nous vaincrons. »

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Votre présence massive un peu partout, montre qu’un ressort s’est définitivement brisé avec le pouvoir en place.

De politique à sociétal, notre problème est devenu existentiel. Le ras-le-bol est généralisé.

Les arrestations/kidnapping en amont, les menaces, et le fait de confiner certains leaders politiques, n’ont pas entamé votre détermination.

Après avoir subi tant d’avanies, au prix d’innombrables concessions, l’heure est d’exiger des comptes, et de consolider, dans le marbre, les droits acquis.

Tout Président de la République, de surcroit, homme d’Etat, conseillé par les religieux/sages, et inspiré par le vent de realpolitik qui déferle sur le continent africain, aurait surfé immédiatement sur la colère grandissante, par des réponses claires aux questions qui se posent.

Ce mépris, prouve à suffisance, que les faucons ont le vent en poupe au Palais présidentiel, et qu’une seule journée sans activité économique ne les dérange point.

Le Président de la République avait toute la latitude de transformer cette longue accalmie en paix, et bannir les crispations identitaires, régionales, communautaires, ainsi que les multiples frustrations.

Mais il s’est muré dans une gouvernance arrogante, incompétente, et en mal de résultats probants. Aidé en cela par une impunité institutionnalisée, et des apatrides qui profitent du système moribond.

Aujourd’hui, nous exigeons fermement la libération immédiate des personnes arrêtées, et nous n’accepterons aucune forme de procès en catimini, de négociation, ni de monnaie d’échange.

De plus, et au vu de ce qui se passe depuis ce matin, nous demandons à nos pairs de l’opposition de transformer leur suspension, en un retrait immédiat de la CENI, de l’Assemblée Nationale, du processus inachevé des Communales et de l’installation des démembrements, avec l’exclusion de tous les commissaires et les élus qui ne se soumettraient pas à cette décision.

C’est le moment, d’arrêter d’accompagner le pouvoir dans sa future sélection des députés et le glissement du calendrier électoral, en exigeant un chronogramme avalisé par toutes les parties.

Il n’est pas question de boycott, ni de la phrase consacrée chez nous « la nature a peur du vide ».

Nous savons que le pouvoir dispose déjà d’une « opposition » taillée sur mesure, pour les quotas.

Mais qui cautionnerait une élection sans l’opposition représentative ? Aucune institution internationale, ni les partenaires au développement, et encore moins les électeurs.

Il est temps de présenter la Guinée à la face du monde, comme étant le pays où l’exécutif contrôle l’action gouvernementale et toutes les institutions, vote les lois, nomme à tous les postes, organise unilatéralement les élections, gère le fichier, le gré à gré, le budget, la Cité … Dans l’opacité totale.

En politique, toute demi-mesure équivaut à une contre-mesure, comme le soulignait Pierre Mendes France.

Fodé Mohamed Soumah
Président de la Génération Citoyenne