Forum Virtuel sur l’Agrobusiness : opportunités, enjeux et défis du secteur en Guinée au centre des discussions

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Après le Forum Economique Guinée-Turquie, l’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP-Guinée), poursuit sa série de rencontres virtuelles consacrées à la promotion des investissements en République de Guinée. Ce 15 septembre, le 2nd webinaire a été dédié aux opportunités d’investissements dans l’agrobusiness.

Ce forum virtuel a connu la participation de plus de 200 acteurs dont plus de 40 investisseurs étrangers.

Il visait à présenter les opportunités, les réformes, les enjeux et les défis liés aux investissements dans le domaine de l’agrobusiness mais aussi de présenter la vision du gouvernement guinéen en matière de développement du secteur agricole tout en stimulant l’intérêt des investisseurs pour une prise de participation.

À l’occasion de ce forum virtuel, le secteur privé national, les autorités et les investisseurs étrangers ont échangé dans le but d’établir des partenariats pouvant déboucher sur des actions concrètes.

La rencontre a aussi permis aux autorités guinéennes non seulement de répondre aux problématiques des investisseurs mais aussi de les rassurer quant aux perspectives économiques de la Guinée.

Ansoumane Condé, Directeur adjoint du département Promotion des investissements de l’APIP, a parlé des avantages que l’Etat accorde aux investisseurs étrangers : « L’État leur accorde des exonérations douanières et il leur permet d’importer tous les équipements qui entrent dans la mise en place de son entreprise pour une durée de 3 ans. En plus, l’État accorde des exonérations fiscales. En Guinée, nous avons deux zones (A et B). Les entreprises qui décident d’aller en zone A bénéficient d’une exonération de taxe d’un à huit ans. Et celles qui décident de s’implanter en zone B, l’exonération va d’un à dix ans. Il y a également des garanties que l’Etat a mis en place pour accompagner les investisseurs. En Guinée, tout industriel étranger est libre de rapatrier ses bénéfices sans aucune restriction. Et l’Etat protège les investisseurs étrangers contre l’expropriation. »

Plus loin, Ansoumane Condé explique les étapes à suivre pour obtenir un domaine agricole en Guinée : « Quelles étapes à suivre pour obtenir des terres agricoles en Guinée ? Dans un premier temps, l’investisseur étranger doit adresser un courrier d’intention au (à la) Ministre de l’Agriculture ; obtenir un certificat de transfert de terres agricoles, mais aussi mettre en place un plan d’affaires ; étudier le type de business plan qu’il veut mettre en place en Guinée. Ensuite négocier la mise à disposition des hectares souhaités. »

Léandre Bassolé, Responsable pays de la Banque Africaine de Développement (BAD) a déploré le fait que la facture d’importation soit trop élevée alors que la Guinée dispose d’un important potentiel dans le domaine agricole : « Le potentiel agricole de la Guinée est énorme. Mais comme on le dit, le potentiel ne se mange pas. Il faut valoriser ce potentiel. Quand on compare la facture d’importations qui tourne autour de plus de 800 millions de dollars et le potentiel existant, on se dit qu’il y a vraiment quelque chose à faire. »

Pour inverser cette situation, le groupe de la BAD va appuyer autorités guinéennes, ajoute Léandre Bassolé : « […] C’est en ce moment que le groupe de la BAD intervient. L’objectif est non seulement de participer au processus de réduction de la facture d’importations en développant plus le secteur agricole et faire de l’agriculture un vrai business, mais aussi il faut voir les agropoles comme une stratégie de développement territorial, régional. Je pense que cet aspect n’est pas perçu dès le départ quand on aborde la question des agropoles. Parce que, à voir les agropoles dans une région, par exemple Kankan et Boké, ce qui est en cours où on est presque à 12 millions de dollars pour lancer le processus. Ces investissements et l’existence de ces agropoles, vont permettre d’orienter la plateforme infrastructurelle ou de l’améliorer en termes d’accès à l’énergie, de route et de marché régional. »

Dans son intervention, Khalid Aly Alhousani, Chargé d’Affaires à l’Ambassade des Emirats Arabes Unis, a affirmé que la production agricole est garantie en Afrique. « Les terres arables, en Afrique, constituent 60% des terres arables dans le monde. Alors que la plupart des pays africains n’atteignent que 25% de leur potentiel agricole de sorte que l’investissement dans les terres agricoles africaines est devenu une production garantie. »

Dr Famoi Béavogui, Secrétaire général du Ministère de l’Agriculture, soutenu qu’il faut qu’il y ait une mécanisation de la chaîne agricole : « La base de la production c’est la terre. Comment faire pour sécuriser les investisseurs pour avoir des garanties pour mieux produire ? La base de la production aussi, c’est l’exploitation agricole. Comment faire pour que les agriculteurs puissent avoir une terre bien travaillée avec des intrants ? Comment faire pour que l’on puisse mécaniser toute la chaine depuis le travail du sol jusqu’à la transformation, mais aussi comment faire pour que les paysans qui travaillent dans le domaine agricole puissent avoir le financement nécessaire pour assurer une meilleure production. C’est cette opportunité qu’offre l’APIP en mettant en relation tous les partenaires financiers et techniques avec les paysans de nos localités. »

Pour Namory Camara, Directeur Général de l’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP-Guinée), la Guinée est un scandale agricole et la mission de sa structure, est d’attirer les investisseurs étrangers à s’intéresser à ce secteur pour la mise en valeur du potentiel existant : « Il y a d’abord des potentiels. Mais comme l’a rappelé tout à l’heure Monsieur Bassolé, les potentiels ne se mangent pas. Le rôle de l’APIP, c’est de vendre les opportunités d’investissements de la Guinée, mettre l’accent sur les potentiels afin d’amener les investisseurs dans notre pays. La Guinée a un potentiel agricole énorme, avec 13 millions de terres arables. C’est un scandale agricole qu’il faut mettre en exergue. Mais pour le mettre en exergue il faut une stratégie. C’est cette stratégie qui a été développée par le Président de la République depuis son arrivée au pouvoir. »

Au cours de ce forum virtuel, il y a eu des sessions B2B entre les entrepreneurs guinéens et étrangers ainsi que des témoignages de certains entrepreneurs guinéens évoluant dans le domaine agricole.

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