France : l’affaire Benalla, l’erreur politique de Macron ?

juillet 25, 2018 7:17
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Depuis que l’homme de main de Emmanuel Macron  a rossé  un manifestant lors de la fête du 1er mai, on ne l’a pas entendu, laissant les députés de l’opposition s’acharner contre le ministre de l’Intérieur, le préfet de police,  les cellules de crises et de communication de l’Elysées, en un mot, contre tout ce qui entoure le président, allant jusqu’à parler d’affaire d’Etat. Ce qui implique que les dérives de Benalla étaient consensuelles avec la Présidence et le gouvernement. (Crédit-photo: RTL.fr)

 Les explications des « fusibles » qui entourent Emmanuel Macron, c’est-à-dire ceux qui jouent le rôle des cascadeurs dans les films westerns, ceux qui tombent à cheval à la place du président, n’ont pas pu faire cesser le tollé. C’est finalement le président, lui-même, qui est sorti comme un brave homme de sa cachette de plus d’un mois pour prendre tout sur lui.

Sa ligne de défense ressemble à celle d’un ostrogot plutôt qu’à celle du président de la France, la patrie de la démocratie. Tout ce qui s’est passé en dérive et en mauvais de Benalla, il le prend sous son chapeau, en tant que président de la République (bananière), que ceux qui ne sont pas contents viennent le chercher là où il est, lui, l’élu du peuple français.  Mais en s’adressant ainsi aux autres députés, il s’adresse aussi à leurs électeurs, qui sont une autre partie du peuple français.

Une question se pose : peut-on se prévaloir de l’élection du peuple et laisser mâter ce peuple quand il proteste contre les dérives d’un membre du gouvernement, puisque Benalla avait ses quartiers dans toutes les branches du gouvernement, ne l’a-t-on pas vu qui pouvait se faire passer facilement pour policier et qui avait l’insigne, la tenue, la cagoule de la police ? L’imposture et le faux et usage du faux ne sont pas des infractions pour Benalla au-dessus de la loi. Cela signifie qu’il a le quitus de Emmanuel Macron et n’avait d’ordre à recevoir de personne du gouvernement, d’où le bégaiement des autres dans les justifications ou les condamnations à prononcer devant les députés.

Comment peut-on interpréter cela ?

Après plus de deux mois de silence,  voyant que beaucoup voulaient s’offrir en fusibles pour le préserver, Emmanuel Macron, comme un bravo ou un bravache, c’est à savoir, a voulu leur montrer qu’il n’est pas une poule mouillée, qu’il sait prendre ses responsabilités, le cas échéant, et il ne sacrifie personne. Seulement, il s’est bien gardé de venir à l’hémicycle, mais seulement où il n’y avait que les siens. Ses propos transmis ainsi par médias ne donnent pas d’ancrage à un affrontement verbal avec les autres députés. Mais en faisant ainsi, il donne le sentiment que le prochain mandat ne l’intéresse plus. Un président qui avalise toutes les exactions sur son peuple peut-il redemander un autre mandat ?

 Evidemment, il a été applaudi par ses supporters. L’ont-ils fait avec conviction ou par opportunisme, tout en sachant qu’un président ne devrait pas se découvrir de cette façon ?

Emmanuel Macron a l’habitude des contestations populaires, c’est connu ; qu’il se réfugie sous le manteau du peuple qu’il n’écoute que peu, c’est aussi connu ; qu’il fasse peu cas des dérives de Benallah sur les manifestants, c’est encore connu. Mais qu’il veuille faire cesser les critiques des députés de l’opposition contre son gouvernement en se faisant le fusible de ses fusibles, c’est un autre saut dans l’inconnu qu’on n’a pas encore vu. Erreur politique !