Frontière guinéo-libérienne : des plaintes pour rançon contre les services d’immigration

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Police des frontières, Diécké

La libre circulation des personnes et de leurs biens ne souffre d’aucune anomalie le long de la frontière guinéo-libérienne, du côté de l’axe Diécké-Ganta, dans la région forestière.  Toutefois certains citoyens déplorent que les services d’immigration fassent payer des montants oscillant entre 20 et 40 mille francs guinéens, à ceux qui ne détiennent pas  des pièces d’identités nationales.

Une pièce difficile pourtant à obtenir dans la sous-préfecture de Diécké, où il fait attendre près de deux mois pour se voir délivrer sa carte d’identité.

La frontière guinéo-libérienne, en référence du côté  de Baala, localité située à 8 kilomètres de Diécké, et qui se trouve aux portes du Liberia voisin, enregistre  un important flux migratoire.

Tous les jours ce sont des centaines de personnes et de camions qui traversent cette  frontière dans les deux sens. Ganta, la deuxième ville du Liberia étant située juste à 2 kilomètres de Baala.

A part ceux qui traversent la frontière pour se rendre à N’Zérékoré en Guinée, où à Monrovia entre autres, les populations de Diécké et celles de Ganta s’approvisionnent  en denrées alimentaires, de manière complémentaire au quotidien.

Les gens de Diécké et Baala se rendent à Ganta au Liberia pour acheter ce qui leur manque en Guinée et vis versa.

Ces déplacements deviennent plus intenses  le jeudi, jour  du  marché hebdomadaire aussi de Baala que  de Ganta.

Malgré  la  quiétude qui règne entre les deux pays,   le problème des pièces d’identités nationales constitue cependant un véritable casse- tête.  En effet, sur 10 citoyens qui traversent régulièrement la frontière, environ 3 seulement possèderaient  la pièce d’identité nationale.

 Les gens accusent les agents postés le long de ces frontières de préférer l’odeur de l’argent à celui des pièces d’identité.

Et que celui qui ne possède pas  de carte d’identité paierait de 20.000 fg à 40.000fg, pour entrer ou sortir de la Guinée.

Face à  ces allégations, le commandant Diallo Mamadou chef de poste   de  la police frontalière de Baala avec le Libéria se défend en ces termes: « notre rôle est de veiller à la réglementation des usagers entrants et sortants, ces éléments doivent présenter un document prouvant qu’ils ont le droit de rentrer et de sortir. Généralement ces documents sont entre autres le passeport ordinaire, les laissez-passer. En principe celui qui se présente à la frontière,  sans document n’a pas  d’accès selon la loi. Ce que paierait   ces usagers qu’ils soient motards ou citoyens, nous permet d’acheter les registres et autres matériels, nous permettant de travailler, parce que nous n’avons  pas de moyens et si nous demandons 30.000 à 40.000 fg comme disent les citoyens, c’est pour mettre fin à l’infraction commise.  Pour que ces intéressées puissent avoir le courage de se doter d’une pièce d’identité », admet-il.

Du côté du Liberia, la tracasserie est pire au niveau des services d’immigration,  dans la mesure où aucune pièce d’identité guinéenne n’est prise en considération.

Les citoyens guinéens rentrants sont souvent dans l’obligation de laisser leurs pièces d’identité dans les mains des agents de sécurité libériens, pour ne payer que 10.000 fg et plus.

Aussi pour les cartes d’identités, certains diront pour avoir une pièce d’identité nationale au commissariat de Diécké, il te faut patienter deux mois, avant d’en avoir.

Le chargé d’identités judiciaires de Diécké, Adjudant Fodé Mouctar Soumah reconnait ce fait. D’après lui,  le circuit d’obtention d’une carte d’identité est long, puisque généralement, il lui faut rassembler 40 dossiers avant de les expédier à Yomou. Là aussi il faut un mois avant la signature du commissaire central de Yomou, a-t-il confié à guineenews.

De quoi dissuader ceux qui désirent s’octroyer une pièce d’identité nationale, qui est pourtant un droit absolu.