Gendarmerie routière: un seul cas mortel pour les deux fêtes de fin d’année

0
263

Que voici un bilan, somme toute élogieux ! Loin de nous le commentaire dithyrambique qui pousse à l’exagération ou à la déformation des faits.  Avec tous les considérants et pesanteurs qui prédisaient un pronostic plutôt sombre, on a abouti à un résultat inattendu que les autorités et l’opinion ont tous qualifié de positif. A titre d’illustration, le 24 décembre, en termes d’accidents, c’est un RAS sur toute la rase campagne que la gendarmerie routière a réussi. Un record déjà battu au moins une fois, les années précédentes et encore renouvelé en cette fin d’année 2020.

L’unique cas d’accident enregistré pendant toute la période des fêtes a été celui mortel qui est survenu le 31 décembre, aux environs de 18 heures, au PK 19 entre Pita et Labé, dans la sous-préfecture de Hafia. La cause principale de ce drame a été la conduite sous l’emprise de l’alcool. Une infraction relevée à l’encontre d’un motocycliste qui avait anticipé le démarrage effectif de la fête, habituellement célébrée la nuit, pour se mettre à l’aise prématurément et plus que de raison. Il n’a pas attendu que les dispositifs sécuritaires planifiés pour la soirée du nouvel an soient  pleinement activés. Même si les gendarmes étaient déjà déployés dans cette optique.

Le motocycliste incriminé, un adjudant-chef de l’armée, en service à Pita, a donc librement entrepris de boire avant de prendre sa moto et rouler en direction de Labé. Il était en compagnie d’un collègue à lui, de même grade. Chemin faisant, pendant qu’il était à vive allure, il a heurté à la traversée du village riverain de la route, désigné plus haut, une vieille dame centenaire (on lui donne 103 ans) qu’il a trouvée là, sur le bord de la chaussée, appuyée sur sa canne. Sous l’effet du choc, sa moto n’est pas tombée et il a continué son chemin sur une trentaine de mètres au moins, avant de s’arrêter. Se ravisant sans doute, il a rebroussé chemin pour revenir sur les lieux de l’accident.

Entre-temps, les villageois étaient sortis en grand nombre porter secours à leur aïeule étendue, inanimée sur la route. L’émotion forte subie, la colère intense éprouvée, l’empressement vif à préserver la « mémoire » du village, rien de tout cela n’a suffi à sauver la victime. C’est dans cette ambiance marquée par une agitation fébrile des uns et des autres qu’elle a rendu l’âme, avant son transfert à l’hôpital.

L’on nous rapporte que l’auteur de l’accident et son compagnon n’ont dû leur salut que grâce à l’intervention rapide et efficace des gendarmes mobilisés pour la gestion de la circulation le soir de fête. Ils sont arrivés au bon moment pour soustraire les deux compagnons du courroux des villageois qui montait crescendo.

De tels faits sont toujours regrettables à vivre. Comme on le voit, l’accident n’épargne personne. L’âge de cette dernière victime l’atteste parfaitement. Nous sommes tous portés à être davantage sensibles à l’accident qui arrive à un bébé ou à un centenaire, comme c’est le cas ici. Pour la simple raison qu’il s’agit de personnes, hautement fragiles auxquelles nous attachons un prix inestimable et que nous devons toujours soutenir et protéger.

Mais, ce qui révolte le plus, c’est quand on pense que la mort de cette centenaire, involontaire certes, est due à la faute d’un usager qui a décidé librement de boire et conduire. Le code de la route est formel là-dessus : l’alcool et la conduite sont deux choses qui n’ont jamais fait bon ménage. Un slogan le rappelle d’ailleurs si bien : « ou tu bois ou tu conduis. A toi de choisir. »

L’alcool, selon les spécialistes, serait responsable d’au moins 40% des morts sur la route. D’importantes recherches y ont été consacrées et le sujet demeure encore très actuel chez nous et dans bon nombre de pays, à travers le monde.

Nous allons espérer voir la gendarmerie routière bénéficier de plus grands appuis cette année, comme ce fut le cas en 2012, quand le Chef de l’Etat, dans le cadre de la réforme des forces de défense et de sécurité et à la faveur de la création de la gendarmerie routière à compétence territoriale, l’avait dotée en moyens roulants (motos) qui lui ont permis d’accomplir à la grande satisfaction de tous, sa mission régalienne de lutte contre les accidents et toutes formes d’insécurité en rase campagne (comme le cas des coupeurs de route).

A ce jour, ces moyens sont largement amortis, du fait de l’usure du temps et de l’intense exploitation qui en a été faite au compte de la prévention et de la dissuasion. Malgré cet état de fait qui réduit leur capacité opérationnelle, les gendarmes sont toujours attachés à l’accomplissement correct de leur mission. Ainsi s’expliquent ces résultats acquis en termes de réduction du nombre et de la gravité des accidents. La modicité des moyens roulants et autres équipements à la disposition de ce corps de sécurité n’a point entamé la détermination des hommes en son sein, à agir le plus efficacement possible sur le terrain.

Nous restons optimistes quant à l’avenir de la prévention routière dans ce secteur, lorsqu’on se représente les milliers de kilomètres de routes, sous son contrôle, allant du réseau routier national à celui communautaire et aux pistes rurales entre les districts, les plus excentrés du pays.

Les huit compagnies sécurité routière évoluant à l’intérieur du pays, sous l’autorité du commandement basé à Cochery, au PK 44  de Conakry, sur la route de Coyah, se disent déterminées à gagner le pari d’une meilleure sécurité routière en rase campagne.

Ce qui est bien du domaine du possible, si seulement les usagers que nous sommes, continuons à appuyer les efforts des agents et pratiquons constamment le civisme au volant et  le respect du code de la route.