Gestion de la crise d’Ebola, bas niveau des élèves, difficultés dans nos maternités, les vérités de Dr Saran Daraba

novembre 6, 2018 11:46
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A l’instar de la Sierra Leone et du Liberia, la Guinée a été durement éprouvée par la fièvre à virus Ebola et qui a fait plusieurs milliers de morts dans ces trois pays. Dr Saran Daraba, ancienne ministre de la Promotion féminine et de l’Enfance sous feu le général Lansana Conté se rappelle encore de cette terrible maladie quelque 4 ans après son éradication.

Témoignant sur le livre du Dr Baba Diané ce weekend, elle a regretté le fait qu’il n’y ait plus d’éducation de base en Guinée. « Ce qui se passe dans notre pays, c’est que nous n’avons plus d’éducation de base. Tout l’enseignement repose sur les six, les dix, les douze premières années de la scolarisation d’un enfant. Qu’ils deviennent professeurs après, qu’ils deviennent techniciens après, il faut qu’ils sachent lire et écrire correctement, qu’ils sachent calculer correctement. Cela, nous ne l’avons plus dans ce pays. Et ce qui est plus grave, il n’y a pas de débat autour de cela. Personne n’ouvre le débat : ni les enseignants, ni les parents d’élèves, ni les gouvernants, ni ceux qui sont chefs d’entreprise et qui ont grand besoin de tous ces techniciens », a fustigé l’ancienne Secrétaire générale de la Mano River Union.

Poursuivant, l’oratrice a déclaré avoir demandé la dernière fois au sujet des préparateurs en pharmacie, vu qu’il y a, dit-elle, 700 thèses de mémoire à l’université de Conakry sur les plantes médicinales.

«Et je suis allée en Suisse pour leur demander qu’on vienne faire un laboratoire galénique comme celui qui existe en France et qui ravitaille les hôpitaux en préparation galénique. Il n’y a pas de préparateurs en pharmacie. Nous n’avons même pas de sages-femmes. Quand mes enfants doivent accoucher, je vous jure, je prends ma tête. Parce que ce sont des jeunes étudiants des facultés de pharmacie ou de médecine qu’on emmène devant les femmes qui doivent accoucher. Or, le médecin ne remplace pas la sage-femme », a enseigné Saran Daraba.

S’insurgeant contre le fait qu’« on ne forme plus de sages-femmes et laborantins dans ce pays », elle a levé un coin du voile sur le virus Ebola notamment dans sa propagation.

 «Ebola est passé. Je peux vous dire, parce que j’étais à la tête du Secrétariat de la Mano, on a perdu beaucoup de vies humaines, parce que tout simplement il n’y avait aucun laborantin guinéen dans les laboratoires. Tous les laborantins qui faisaient des tests étaient des étrangers. Et je peux vous dire aujourd’hui –et c’est grave–, que beaucoup de gens infectés ont été libérés, je ne dirai pas de manière volontaire, ils ont continué la chaine de contamination », a révélé Saran Daraba Kaba.