Gestion de la zone de transit et de tri de Kakimbo : ENABEL passe la main à la mairie de Ratoma

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A l’initiative des responsables du programme Sanita Villes propres, la huitième session du Comité de suivi Kakimbo s’est tenue ce mercredi 9 décembre 2020, à Conakry. C’était en présence de l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion des déchets solides dans les cinq communes de la capitale.

L’objectif de cet atelier portait sur la capitalisation des acquis du Comité de suivi Kakimbo et le système délégué mis en place pour le fonctionnement des zones de transit et de tri, également  la présentation officielle des contrats et dossiers d’appels d’offres pour la gestion déléguée de la pré-collecte et celle des zones de transit et de tri dans les cinq communes de Conakry, à l’image de la commune pilote de Ratoma qui a abrité la première ZTT pilote à Kakimbo.

Plusieurs présentations ont marqué la rencontre, dont celle du Responsable de la Sensibilisation à Sanita Enabel qui a exposé sur les activités de sensibilisation que son équipe a menées pendant la phase-pilote autour de la zone de transit et de tri de Kakimbo. Ces activités, aux dires de M. Mamadou Malia Bah, ont essentiellement porté sur les bonnes pratiques d’hygiène, d’assainissement et de gestion des déchets, mais aussi l’adressage que Sanita villes propres a effectué dans les deux quartiers pilotes, notamment Kipé et Ratoma-centre.

« Il faut préciser que les activités se sont déroulées dans quatre secteurs, soit deux secteurs par quartier. Et nous avons pu réaliser beaucoup d’activités de sensibilisation, d’assainissement des points noirs, des plages de Rogbané et de Kipé, avec une forte implication de la communauté, des responsables locaux et autres associations et ONG, avec la collaboration de la mairie de Ratoma », a-t-il énuméré.

Parlant des difficultés, l’exposant dira que pendant cette phase expérimentale, les activités ont été impactées notamment par l’apparition de la pandémie du Coronavirus. A cela, s’ajoute l’adressage qui a pris assez de temps, avec des difficultés pour les PME d’exploiter la cartographie qui a été réalisée à travers cet adressage.

Pour sa part, l’Intervention Manager déchets solides à Sanita Villes propres, après avoir parlé des enjeux qu’il y a autour d’une zone de transit et de tri, a fait noter que la nouveauté par rapport à ces infrastructures, est qu’elles permettent de faire un tri de manière efficace.

« Aujourd’hui, le but, c’est de maximiser ce tri. On a vu que la principale source de revenu lié aux valorisables : ce sont les sachets plastiques. Ils sont recyclés et rachetés, notamment par des opérateurs qui fournissent les produits plastiques sur le marché guinéen. Donc, déjà, récupérer ces sachets pour les réintroduire dans des processus de production crée de la valeur ajoutée. Ce qui est une grosse avancée », s’est félicité Pierric Raulin.

De son côté, le Responsable Valorisation pour le programme Sanita Villes propres mené par Enabel a exposé sur le compostage. Dans sa présentation, il a dit que dans les déchets qu’on produit au quotidien, il y a beaucoup de matières organiques qui proviennent de diverses sources, et qu’on peut bien valoriser. Toutefois, Pierre Jamar fera remarquer qu’il y a tout un enjeu pour que ces matières organiques ne finissent pas en décharge, plutôt qu’elles soient transformées.

« C’est un procédé qui demande beaucoup de savoir-faire pour devenir un compost. Le compost qui sera un engrais qui pourra être utilisé par les agriculteurs dans les champs, dans les alentours de Conakry. Et ce qu’il faut retenir, c’est que développer des plateformes de compostage permettra d’améliorer le système de gestion des déchets à l’échelle de Conakry avec le tri. Ce qui permettra de fournir des matières organiques de qualité pour les personnes au compostage qui, à leur tour, produiront un engrais pour l’agriculture et une alimentation saine. Aujourd’hui, les activités de compostage ont commencé à Sonfonia pour un pilote de neuf mois. Durant cette période, on va voir comment les choses vont se passer et voir également où il faut améliorer les choses pour que sur le long terme ce soit efficace pour tout le monde », a-t-il affiché.

Officiant l’ouverture de l’atelier, la Directrice générale de l’Agence Nationale d’Assainissement et de Salubrité Publique (ANASP) s’est déclarée persuadée que les réflexions qui découleront de cette réunion sauront sans nul doute impulser plus de dynamisme aux activités menées afin d’harmoniser l’organisation en amont de la filière déchets solides

Faut-il le rappeler, dans la mise en œuvre de la stratégie de professionnalisation de la gestion des déchets solide, l’appui de l’Union européenne à travers l’Agence Belge de Développement (ENABEL) reste une contribution capitale qui se matérialise par la réalisation de certaines infrastructures, notamment les zones de transit et de tri de Kakimbo, Kobaya Foosidè et, Soloprimo.

Depuis l’entrée en activité des opérateurs le 4 mars 2020, la nécessité de l’organisation du maillon de la pré-collecte et l’implication effective des communes se font réellement sentir sur le terrain. Ces zones de transit et de tri permettent de structurer et d’avoir  plus de visibilité pour les opérateurs privés. Ce qui a déjà produit des résultats probants. Et Enabel s’engage également à accompagner les communes dans la refonte de tous les zonages avec une grande surface financière et une grande capacité technique. Toute chose qui permettra aux communes de mieux pouvoir contrôler ces zones de transit.

Des défis, il n’en demeure pas moins. Mais le plus gros défi, c’est l’application de la tarification telle que cela a été démontré dans toutes les simulations des études techniques et financières. L’enjeu, c’est vraiment que les communes fassent appliquer les contrats tels qu’ils ont été proposés.

Aujourd’hui, les choses sont visibles au niveau de la zone de tri de Kakimbo. Dans les quartiers environnants où les actions de sensibilisation ont été portées, on ne trouve plus de points noirs tel qu’on en avait l’habitude tout au long des artères. Cela a permis l’amélioration sensible de la salubrité. Et progressivement, cela va permettre l’amélioration du cadre de vie des populations.

La politique de gestion du maillon de la pré-collecte menée dans la commune de Ratoma abritant la première  Zone de transit et de tri pilote, sera déployée dans les cinq communes de la capitale. Sanita villes propres financé par l’Union européenne appuie les acteurs communaux dans l’aménagement de nouvelles infrastructures et également en renforcement des capacités. Une quinzaine de zones de transit et de tri sera répartie dans les différentes communes.