Gouvernement-SLECG : d’accord de déshabiller Paul pour habiller Pierre ?

mars 13, 2018 2:31
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Tout le monde est content du dénouement de la grève, mais cela n’est pas sans conséquences. Les argentiers et économistes guinéens, à défaut d’éviter l’inflation, se creuseront la cervelle pour limiter les dégâts, puisque l’Etat ne manquera pas d’augmenter les impôts et taxes tout en diminuant les subventions. La plus en vue sera le prix des carburants qui vont faire flamber le prix de toutes les denrées de première nécessité, les propriétaires des maisons en location ne seront pas en reste, l’épicier du quartier, également.  Bientôt, les billets de 500 fg seront vus en paria comme les billets de 100 fg, qu’en dire des factures d’eau et d’électricité, des frais de scolarité, si on ne parle que de ces domaines seulement ? Conakry risque de devenir une galère pour les informels et les non fonctionnaires.

Ces accords qui ont permis de sortir de cette crise grave risque d’entraîner le pays vers une destination inconnue. Ce n’est pas en toute connaissance de cause que le gouvernement a accédé à toutes les revendications des syndicalistes, mais il avait la main au collet. Les remous sociaux n’ont jamais atteint ce niveau dans ce pays.

On aimerait voir le jour où l’enseignant va compter 8 millions en main et savoir à combien il va acheter son sac de riz. Pendant la Révolution, les enseignants du primaire gagnaient 2850 sylis, mais le sac de riz lui était vendu à 900 sylis, sa femme allait au marché avec 25 ou 30 sylis et revenait avec le panier bien garni. Qu’en sera-t-il dans les six mois à venir, un pain à 10000 FG ?

Pour les syndicalistes, il fallait saisir le gouvernement au collet, maintenant qu’il a gagné, qu’on a tous gagné, même les retraités, comment faire pour que cette victoire ne se transforme pas en victoire à la Pyrrhus et que la monnaie guinéenne ne soit pas une monnaie de singe ?