Grave pénurie d’eau potable à Tougué : les humains et les animaux se disputent le contrôle d’une rivière

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Les citoyens du secteur de Sampin, dans la commune urbaine de Tougué restent confrontés à grave pénurie d’eau potable, a constaté la rédaction de votre quotidien électronique Guinéenews basée dans la préfecture.

En compagnie du chef de secteur et de certaines femmes de la localité, nous avons fait un tour des lieux. Sur place, on est frappé par l’état   des points d’eau où les citoyens puissent l’eau pour tous leur provision.

Thierno Mariama Soumpoura revient ici sur les difficultés rencontrées : « nous souffrons énormément pour trouver de l’eau potable. Nous n’avons ni puits ni forage. C’est dans ces flaques que vous voyez que trouvons l’eau que nous utilisons dans nos ménages. D’ailleurs les vieilles femmes ne peuvent pas y venir.  Ce sont les enfants qui y viennent avec tous les risques car, le lieu est distant et enclavé. »

Mariama Ciré renchérit en ces termes : « la rivière a tari. Il ne reste que des flaques d’eau par endroits dans le lit du cours d’eau. Cette eau que vous voyez malgré son état, nous sert de boisson, à faire le linge et la cuisson. Pour s’en procurer, il faut se lever de bonheur. Faute de quoi, tu trouveras que les chèvres, moutons et vaches ont bu l’eau. D’ailleurs quand tu laisses l’eau au repos, tu verras des débris se déposer au fonds du récipient, mais c’est cette eau que nous sommes obligés de boire. »

Adama Oury Sow, venu puiser de l’eau, a fustigé le comportement de certaines femmes qui contribuent à aggraver la situation : « un autre problème que nous rencontrons, c’est que certaines femmes viennent faire le linge et abandonner des habits déchirés dans l’unique flaque d’eau où nous pouvons trouver l’eau de boisson. Ce qui est vraiment dommage. Chaque fois, nous sommes obligés de venir assainir le lieu. »

Thierno Abdoulaye DIALLO, le chef secteur, lui, dans son intervention, a lancé un appel aux autorités : « depuis des années, nous sommes ici. C’est parce que c’est Dieu qui donne la vie sinon mes citoyens sont des morts-vivants. Parce que l’eau c’est la vie et nous, nous n’avons pas d’eau potable. C’est comme si nous ne relevons pas de la commune urbaine. Nous avons même honte de s’y réclamer tellement que nous souffrons pour trouver de l’eau. Nous lançons un appel aux autorités communales et préfectorales pour qu’elles aient pitié des citoyens de mon secteur et nous aider à avoir des forages car nous buvons de l’eau pourrie. »

Il faut noter que plusieurs localités sont à ce jour confrontées au même problème d’eau et le projet d’adduction d’eau de la ville de Tougué en cours d’exécution ne pourra pas résoudre toutes les difficultés.