Grève des greffiers: inquiet, le Bâtonnier exhorte les parties en conflit à la négociation

juin 26, 2018 11:05
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 «Vouloir jouer la politique de l’usure, c’est contreproductif». Tel est l’avis des avocats exprimé ce mardi 26 juin par la voix de leur Bâtonnier, Me Mohamed Traoré par rapport à la grève des greffiers.

Le patron du Barreau guinéen a invité le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Me Cheick Sako et les greffiers grévistes à rejoindre la table des négociations, a-t-on appris au siège de la Cour d’Appel à Conakry.

 En guise de rappel, Me Traoré a affirmé que les greffiers ont formulé un certain nombre de revendications notamment la mise en application de leur statut particulier. Selon lui, ce statut particulier des greffiers existe sur la forme d’un décret qui referme un certain nombre d’indemnités qui leur ont été accordés. Très malheureusement, a expliqué Me Traoré, ce décret s’est contenté de fixer seulement les indemnités sans rentrer dans les détails. C’est-à-dire quelle est la nature de leurs indemnités et quel est le montant qui doit leur être payé.

Pour Mohamed Traoré, il n’est pas question de supporter un camp contre un autre. « Mais nous constatons la réalité sur le terrain même si on a tendance à minimiser cette réalité. Aujourd’hui, la plupart des greffes sont animées par des jeunes greffiers. Autant la profession de magistrat doit se rajeunir, la profession de greffier aussi doit se rajeunir. Les greffes sont remplis de jeunes fraîchement sortis de nos institutions d’enseignement supérieur. Et ce sont ces jeunes qui sont majoritairement en grève. C’est une réalité qu’ils ne sont pas suivis pas les anciens mais, il faut  comprendre que les anciens qui viennent ne peuvent pas faire fonctionner les greffes (…). Un seul greffier, fut-il, le plus ancien et plus expérimenté, ne peut pas faire face à toutes les charge du greffier», a-t-il expliqué.

Plus loin, Me Traoré a déclaré qu’il y a beaucoup de dossiers qui ne sont pas appelés en audience et qui ne sont pas traités. «Cela nous inquiète. C’est pourquoi nous appelons toutes les parties autour de la table pour trouver une solution à cette crise qui commence à prendre de l’ampleur. Je ne pense pas qu’on laisse la situation pourrir. Vouloir jouer la politique de l’usure en disant qu’avec le temps, le mouvement va s’étouffer et que les choses vont entrer dans l’ordre, c’est contreproductif», a-t-il estimé en substance.