Grève du SLECG : Aboubacar Soumah renonce à la manif mais se radicalise

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Alors que les cours semblaient avoir été repris dans certaines écoles, le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) à la base d’une grève générale illimitée dans le secteur de l’éducation n’entend pas reculer. Ce samedi 14 mars, en assemblée générale extraordinaire à son siège à Donka, son secrétaire général Aboubacar Soumah est resté droit dans ses bottes. « Tenons-nous bien quel que soit le temps même s’il faut faire six mois », a encouragé ses camarades massivement mobilisés.

« Ceux qui disent qu’il y a reprise de cours par-ci et par-là, c’est archi-faux. Ceux qui y vont, font semblant parce qu’en réalité, il n’y a pas de cours. Continuons notre lutte quel que soit le temps que cela va prendre », a-t-il insisté.

Récemment, le SLECG avait menacé d’occuper les sièges des Direction Communales de l’Education (DCE) et les Directions Préfectorale de l’Eduction (DPE) ainsi que les Inspections Régionales de l’Education (IRE) pour se faire entendre. Sur la question, Aboubacar Soumah a déclaré qu’ils ne sortiront pas pour éviter de tomber dans le piège du Premier ministre qui dit préférer l’ordre à la loi.

« Nous n’irons pas dans la rue mais, nous resterons à la maison. Nous avons décidé de descendre dans les rues, nous avons un premier ministre qui dit qu’il préfère l’ordre public à la loi. Alors, un tel premier ministre est prêt à faire du mal et il n’y aura pas de jugement. Au lieu de nous s’exposer à des risques, nous préférons rester à la maison. Que personne ne vienne à l’école, s’ils vous donnent les primes, prenez-les c’est un bonus. Ils disent que les cours se tiennent à plus de 65%. Ils se trompent eux-mêmes et ils trompent aussi la population, poursuivons notre mouvement », a-t-il lance.

« Nous n’avons pas demandé la mer à boire. Nous avons demandé simplement une proposition sur les huit millions que nous avons réclamés comme salaire de base des enseignants. Ce sont eux qui nous avaient fait la proposition de recensement. Ce sont eux-mêmes qui ont également saboté ce recensement pour ne pas atteindre l’objectif que nous nous sommes fixés. Le Pr. Alpha  Amadou Bano Barry a saboté ce recensement des enseignants. C’est lui qui avait préalablement annoncé qu’il y avait plus de 11 mille fictifs dans l’éducation. Après le travail, il nous montre 5 500 fictifs. Le fichier qu’il a établi comporte tellement d’anomalies que si on avait accepté, le SLECG aurait cessé d’exister parce que les enseignants se révolteraient contre le SLECG. Dans ce fichier, les enseignants en activité étaient considérés comme des fictifs. Cela allait susciter des révoltes. C’est pourquoi nous avons rejeté le résultat du recensement », a-t-il poursuivi.

Plus loin, le syndicaliste Aboubacar Soumah dira qu’au lieu de leur faire appel pour négocier, que le gouvernement a plutôt préféré appeler son syndicat. « Ils ont privé les chefs d’établissement dans le paiement des primes. Ils sont en train de raconter que c’est le SLECG qui a décidé ainsi. C’est archi- faux, nous n’avons jamais demandé une augmentation en excluant Paul ou Pierre. Nous avons dit huit millions de francs guinéens sur le salaire indiciaire, c’est dans le protocole d’accord, il est dit que l’économie engrangée sera reversée sur le salaire indiciaire de tous les enseignants. Nous n’avons jamais fait de distinction et aujourd’hui, ils disent partout que c’est nous qui sommes à la base de l’exclusion des chefs d’établissement », a-t-il précisé.

Et d’enchainer : « Nous savons où nous allons, nous voulons que les conditions de vie et de travail de tous les enseignants changent parce que l’Etat a les moyens. Si nous arrêtions notre lutte, nous acceptons également de mourir dans la pauvreté. Il n’est pas question donc de reculer, il faut qu’on montre à ce gouvernement que nous sommes unis et solidaires. Tant qu’ils ne nous donnent ce qu’on a demandé à travers une proposition concrète, nous ne sommes pas prêts aussi à aller en classe, même s’il faut faire une année blanche. »