Grève et violences à Labé: le gouverneur dénonce une récupération du mot d’ordre

juillet 5, 2018 9:03
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Lors de la première journée du mot d’ordre de grève générale déclenché le mercredi 4 juillet par l’inter-centrale syndicale USTG-CNTG, plusieurs violences ont été enregistrées dans la ville de Labé où des jeunes  ont régné en maitres absolus au niveau de plusieurs axes routiers, a constaté sur place Guinéenews.

À chaque 200 à 300 mètres, on constatait des barrages au niveau desquels des jeunes rackettaient impunément les paisibles citoyens au su et au vu de tous. Interpellé ce jeudi 5 juillet sur le bilan de la première journée de grève, El Hadj Lamine Sangaré, le Secrétaire général de l’union syndicale des travailleurs de Labé, a été on ne peut plus clair: «le bilan de la première journée a été vraiment positif parce que je peux vous dire que le mot d’ordre de grève a été observé à prés de 95 %. Par ailleurs, il y a eu quelques dérapages qui se sont glissés parce qu’il y a eu des enfants qui ont infiltrés le mouvement en dressant des barrages par-ci et par-là pour essayer d’extorquer de l’argent aux pauvres citoyens. Cela n’est pas dans l’esprit de la grève. Donc, nous leur demandons humblement de retourner à leur domicile pour observer le mot d’ordre.»

De son côté Sadou Kéita le gouverneur de région parle de récupération: « y a des dérapages et on a même l’impression que le mouvement est récupéré par je ne sais qui ? Mais, ce n’est pas le mot d’ordre lancé par le mouvement syndical qui est en train de s’exercer sur le terrain. Parce que nulle part, le syndicat n’a pas dit de barricader dans les villes. Et nulle part le syndicat n’a dit aussi de demander de l’argent aux usagers de la route pour qu’on lève les barrages ; or à Labé spécifiquement, il y a des barrages érigés partout même si les usagers de la route respectent le mot d’ordre. Aucun véhicule ne sort de Labé, mais on ne doit pas empêcher aux citoyens d’aller au marché ou d’aller se faire soigner à l’hôpital. Vous remarquerez que même à l’entrée de l’hôpital, il y a des barricades.»

Les mêmes scènes de violence ont été enregistrées dans la matinée de ce jeudi 5 juillet dans plusieurs quartiers de la commune urbaine de Labé.