Guéckédou: une dame dans le viseur de la justice après la mort d’un français

0
1803

Tout a commencé le 9 février dernier lorsqu’aux environs de 16 heures, une dame appelée Manou Diallo informe la justice qu’elle a enterré dans son domaine le corps de Jean-Louis Thioy, un médecin français à la retraite âgé de 63 ans, après qu’on lui ait refusé l’autorisation de l’inhumer dans le cimetière chrétien.

Après cet enterrement et vu les suspicions l’ayant entourées avec la découverte du chanvre indien dans la chambre du défunt, la justice a décidé d’ouvrir une enquête à l’encontre de la dame Manou Diallo.

D’où vient Jean-Louis et comment il s’est retrouvé en Guinée ?

A en croire les témoignages de Moussa Tinguiano, vigile de la maison où vivait Jean-Louis jusqu’à sa mort : «le défunt s’appelait Jean-Louis Thioy. Il est de nationalité française et est âgé de 63 ans. Il est médecin à la retraite. Il vivait au Burkina. Il est arrivé en Guinée par le canal d’une dame du nom de Manou Diallo. C’est celle-ci qui le conduisit à Guéckédou en 2017 et l’hébergea dans sa maison de fortune qui est totalement isolée et située sur une colline dans une forêt presque inaccessible, à environ 4km du centre-ville et à 500 mètres de la route nationale Guéckédou-Macenta.»

D’après certaines informations que nous avons reçues, le défunt Jean-Louis vivait irrégulièrement en République de Guinée. Son visa étant expiré, aucune autorité de son ambassade ni consulaire n’aurait été, apprend-on, informée de sa présence sur le territoire guinéen.

«Il n’exerçait aucune activité professionnelle. Il vivait dans la solitude et évitait tout contact avec les gens, y compris les visites médicales. Il aurait été abandonné par sa tutrice depuis deux ans. Pourtant, sa tutrice savait que son étranger était un sexagénaire et souffrait d’une toux chronique. Manou Diallo a été appelée plusieurs fois et est informée régulièrement des détériorations de la santé de son étranger. Mais, elle n’a jamais daigné bouger jusqu’à la mort de Jean- Louis Thioy », nous a confiés une source proche du dossier.

Selon les expertises médicales faites sur le corps, il y avait du sang coagulé à la bouche, des ecchymoses sur les deux jambes, nous rapporte une autre source qui précise qu’à la remise du corps, Manou Diallo  aurait déclaré que l’ambassade de France aurait décliné toute prise en charge du corps au motif, aurait-elle, que le défunt n’y était pas enregistré.

Au regard des propos tenus par dame Manou Diallo et sur la base des constats faits sur le terrain, la justice a décidé d’engager des poursuites judiciaires contre elle  pour, dit-on, ‘’délaissement de personne’’. Ce, conformément aux dispositions des articles 15 et 295 du Code Pénal.

Faut-il rappeler que le cadavre était dans un état de putréfaction et était longé sur un lit de deux places au fond d’une chambrette non plafonnée avec une toiture d’environ deux mètres qui dégageait de la chaleur et une odeur pestilentielle à l’intérieur de ladite maison.

Toutes nos tentatives d’obtenir le contact téléphonique de la dame Manou Diallo pour avoir sa version des faits sont pour le moment restées infructueuses.