Guéri de COVID-19, Naité parle de son traitement et des mesures restrictives

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https://youtu.be/7vY5v-4Jw1s

« Vous savez, avoir le privilège d’être dans l’arène publique, vous amène à des responsabilités d’informer et de pouvoir protéger le monde qui vous entoure…»

Le ministre des Travaux publics (TP) Moustapha Naité a été l’une des premières personnes à contracter le Coronavirus et à l’annoncer publiquement à travers les réseaux sociaux. Après un peu plus d’un mois de traitement et de confinement, il a repris le travail dans son cabinet. Ce vendredi 15 mai lors d’une interview-live Facebook qu’il a été accordée à Guinéenews©, le chef de département des TP a partagé avec nous son expérience en tant que personne sortie guérie de Covid et donne son opinion sur la réouverture des lieux de cultes. Extraits !

Pourquoi aussitôt confirmé positif par l’ANSS, le ministre a informé l’opinion ?

« Le coronavirus n’est pas une maladie de la honte. Elle peut être contractée n’importe où parce que moi jusqu’à date, je ne sais pas où et dans quelle circonstance je l’ai attrapée. Donc, il était important pour moi de faire savoir aux uns et aux autres que j’ai contracté la maladie et que tout de suite je vais me faire prendre en charge. Parce que plutôt vous déclarez la maladie, plus vous avez la chance d’être guéri. Vous savez, avoir le privilège d’être dans l’arène publique, vous amène à des responsabilités d’informer et de pouvoir protéger le monde qui vous entoure. Et je pense que ça été un déclic, les gens ont compris que si vous avez la maladie, le mieux c’est de déclarer et de vous faire prendre en charge (…).

J’ai dû mal à comprendre pourquoi les gens cachent la maladie, quand ils sont déclarés positifs. Ce n’est pas une maladie de la honte. Donc, on n’a pas besoin de s’en cacher. En fait, c’est la contagiosité de coronavirus qui fait peur.  Imaginez, moi seul, j’ai contaminé 28 personnes. Donc, si vous ne vous déclarez pas, vous continuez à sortir, toutes les personnes avec lesquelles vous rentrez en contact, elles vont  contracter la maladie. Les statistiques en Europe disent qu’une personne contamine environ 3 ou 4 autres, mais en Afrique, c’est généralement plus de 20. Dans mon cas, c’est avéré être 28 personnes au niveau de mon entourage familial et amical, il y a eu un seul cas dans mon entourage professionnel. Il ne faut pas accepter d’exposer la vie des autres, ça c’est un péché et c’est inacceptable. Donc, je conseille aux autres malades de Covid, s’ils ne veulent pas vraiment annoncer leurs maladies, qu’ils acceptent au moins de se confiner et de se présenter dans centre approprié pour le traitement.

Je suis heureux d’annoncer ici que les 28 personnes y compris moi-même sont sorties guéries du covid19 », a-t-il- admis.

Où s’est-il soigné, dans un CTE (Centre de traitement épidémiologique) ou dans un hôtel ? Il répond : 

« Je suis resté au centre de traitement de Donka  pendant 5 jours et quand toute la maisonnée a été testée positive, on a décidé mon épouse et moi  de faire le confinement à la maison avec un suivi  médical avec les autres membres de ma famille », a déclaré M. Naité.

Traitement suivi…?

« Je pense que l’ANSS (agence nationale  de la sécurité sanitaire) nous a soignés avec le protocole médicamenteux de Pr Raoult (Français, NDLR) : la chloroquine et l’antibiotique, c’est ce qu’on a pris pendant les 10 premiers jours. Et après, on a bu beaucoup de tisane pour se désaltérer la gorge. Les enfants, quand ils avaient de la fièvre, on leur donnait du paracétamol ou du doliprane mais jamais on n’a pris de l’anti inflammatoire. Pour notre cas, je vais dire qu’on a été très chanceux parce que personne n’a présenté de signes cliniques qui nécessitaient une prise en charge particulière…», a-t-il précisé.

Son point de vue sur la réouverture des lieux de cultes…

« Je ne suis pas favorable, c’est mon point de vue personnel. Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faut tout de suite ouvrir les lieux de culte, sachant qu’on n’a pas encore totalement maîtrisé la maladie dans notre pays. En plus, nous sommes dans un pays où le taux d’analphabète est très élevé, donc forcément les gens sont encore dans le déni de la maladie et dans ce cas, il est important que les mesures édictées par l’Etat soient strictes jusqu’à ce que les gens arrivent à comprendre la dangerosité de la maladie. Je ne suis donc pas du tout favorable et le gouvernement n’est pas aussi favorable à cela non plus. S’il y a eu ces scènes de révolte à Coyah, Dubréka et Kamsar, c’est parce que les gens ne connaissent pas la dangerosité de cette maladie, c’est parce qu’ils ne savent pas qu’elle tue, et au-delà qu’elle puisse tuer, la personne atteinte expose la vie de son prochain », a affirmé le ministre des TP