Guinée: 71,8% des enfants de 0 à 17 sont privés d’au moins de trois de leurs droit (Unicef)

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C’est une information donnée au cours d’un atelier de formation qui a été organisé ici à Conakry du 21 au 22 février par le ministère de l’Action Sociale en partenariat avec l’Unicef.

Organisé à l’intention des journalistes et acteurs de la société civile, cet atelier est axé sur le plaidoyer et le suivi budgétaire sensible aux enfants.

Selon le Directeur général adjoint des fonds de développement social et de la solidarité au ministère de l’Action Sociale, cette session de formation vise à donner à tous les participants des connaissances de base sur les finances publiques afin de leur permettre de comprendre et de conduire des analyses budgétaires pertinentes et d’entreprendre des plaidoyers auprès des autorités et de l’ensemble des partenaires. Pour influencer les budgets nationaux en faveur des enfants.

Plusieurs thématiques y ont été développées dont entre autres, la situation des enfants en 2018 et de leurs niveaux de privation; le processus d’élaboration du budget de l’Etat; le rôle des médias et des OSC pour influencer l’allocation budgétaire en faveur des enfants et le plaidoyer budgétaire.

S’agissant de la thématique sur la situation des enfants en 2018 en Guinée, les participants ont été informés qu’en Guinée 71,8% des enfants de 0 à 17 ans sont privés dans trois dimensions de leurs droits fondamentaux. «Selon le Code de l’Enfant guinéen, chaque enfant a droit à la nourriture, à l’éducation, à l’eau potable, à la protection, à l’information, à des services de soins médicaux, à un logement convenable, à des installations sanitaires. Les dimensions qui ont donc été utilisés pour obtenir ce pourcentage, sont issues de cette convention qui définit le droit de l’enfant», a indiqué en substance le facilitateur Aboul Gadiry Barry, chef politique sociale à l’Unicef.

Poursuivant, M. Barry a déclaré : «dans toutes les régions, y compris Conakry, au moins 3 enfants sur 5 sont privés dans trois dimensions fondamentales, notamment le développement de la petite enfance, la protection de l’enfant et le logement. Les privations sur les dimensions sectorielles sont fortement élevés pour tous les enfants de 0 à 17 ans et ceci, sur toute l’étendue du territoire nationale.  Les privations multiples des enfants sont encore plus importantes en milieu rural où près de 9 sur 10 sont privés simultanément dans au moins trois dimensions de leurs droits fondamentaux.» Et d’ajouter : «ces chiffres ont été obtenus à travers une enquête mixte qui a été réalisée en 2016 et dont l’analyse a été effectuée par un institut de recherche basé au Canada (SPRI), et les résultats ont été mis à la disposition du ministère de l’Action Sociale et des différents partenaires techniques et financiers en novembre dernier.»

Plus loin, le chef politique sociale à l’Unicef a précisé que la pauvreté des enfants n’est pas forcement lié à celle des parents. «La privation des droits des enfants va au-delà de la situation économique des ménages. Un enfant peut être dans un ménage relativement aisé, mais il peut être violenté ou ne pas avoir accès à l’éducation, à l’information, à l’eau potable. Le droit de l’enfant va au de-là de l’aspect monétaire du ménage», a-t-il fait remarquer.

C’est pourquoi, dans son exposé M. Tenkiano Fara Emile, spécialiste en politique sociale à l’Unicef  a expliqué, de son côté, la nécessité de faire un plaidoyer pour une budgétisation sensible aux enfants.

Il faut noter par ailleurs que l’organisation de cet atelier est partie d’un constat, celui de la faible allocation budgétaire affectée au secteur social en général et à celui de l’enfance en particulier.  D’où le choix des acteurs de la société civile et des médias comme participants pour leur rôle de mobilisation sociale et de communication au sein de la société.