Guinée-Affaires de 21 millions d’euros : ces nouvelles révélations qui disculpent la Banque Centrale !

septembre 16, 2018 8:10
0

Alors que 21 millions d’euros avaient été annoncés « détournés », de nouvelles révélations faites à Guinéenews© font état de simples difficultés d’encaissement. En effet, selon des sources proches de la banque centrale dignes de foi, la société MSS, qui transporte toutes les devises de la banque de la banque centrale a pu faire verser sur les comptes à l’étranger 100% des dollars de 2014 à ce jour, soit un montant total de 262,30 millions de dollars. En revanche, sur les 315,35 millions d’euros transportés, MSS n’a pas pu encore verser 21 millions, en raison des impératifs de traçabilité des fonds, nous informe-t-on.

Selon nos enquêtes, si la BCRG n’a quasiment pas de difficultés pour justifier les montants des transactions en dollars en Guinée (à cause des recettes de la bauxite, de l’or, du diamant, de la pêche, etc.), elle accuse du retard dans la traçabilité des Euros appartenant aux banques primaires et versés par celles-ci à ses guichets pour couvrir leurs activités à l’extérieur. Le retard et le morcellement des versements s’expliquent par le temps nécessaire pour trouver le justificatif de chaque Euro remis au convoyeur MSS, dit-on.

« Ainsi, alors que le dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent sale et le financement du terrorisme se corse à l’étranger, la banque centrale a encore aujourd’hui dans ses caveaux un montant important d’euros, en attente d’expédition », ajoutent nos sources.

La banque centrale a déjà mis un dispositif robuste anti-blanchiment à son niveau, au niveau des banques commerciales et des bureaux de change agréés, selon nos enquêtes. Mais en attendant le rodage du dispositif, la direction de la BCRG a pris au mois de mai dernier la mesure radicale de suspendre le versement des euros à ses guichets. Selon certaines informations, elle rechercherait d’autres pistes pour trouver une solution au casse-tête lié au transport des devises dans ses comptes à l’extérieur.

Concernant les virements bancaires effectués par la société Phoenix, spécialisée dans le commerce de l’or, dans les banques correspondantes de la BCRG à l’étranger, qui avaient été jugés suspects, nos sources précisent qu’il s’agit d’une opération banale de rapatriement des devises valables pour tous les orpailleurs. « Tous les exportateurs d’or ont demandé à se faire payer dans les comptes de la banque centrale à l’étranger, c’est beaucoup plus simple et c’est ce qui est souhaitable, et la banque centrale rend disponible la somme en Guinée », nous précise un orpailleur.

Selon nos informations, toute cette cabale a été montée par un haut cadre de l’Etat dont l’identité ne nous a pas été révélée. Celui-ci, pour des raisons d’intérêts personnels aurait créé une entreprise de convoiement d’argent avec un étranger, pour procéder au transport des devises de la BCRG vers ses banques correspondantes domiciliées à l’extérieur. N’ayant pas obtenu gain de cause, il aurait tenté de discréditer les dirigeants de la première institution bancaire du pays. Par contre, d’autres sources révèlent qu’un ancien employé de MSS, mécontent d’être limogé pour malversation financière, aurait échafaudé cette histoire de « détournement » pour la presse. Des relents de règlement de compte en quelque sorte.

Faut-il rappeler que MSS a obtenu le marché de convoiement des devises en 2014, après l’interruption brutale la même année de ce service par le prestataire historique Crédit Suisse avec la BCRG et avec la plupart des pays africains. Croulant sous le volume des devises qui s’amoncelaient, la BCRG aurait pris, au pied levé, le premier qui lui avait fait une offre « raisonnable » de service : c’était MSS.